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Moral des professions intermédiaires : le tableau noir s'éclaircit un peu

L'UGICT-CGT sonde depuis cinq ans les techniciens et professions intermédiaires. Franceinfo vous révèle cette nouvelle enquête.

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Un technicien vérifie des plaques photovoltaïques dans une usine à Tourouvre (Orne).
Un technicien vérifie des plaques photovoltaïques dans une usine à Tourouvre (Orne). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le moral des professions intermédiaires part de bas mais remonte un peu d'après l'UGICT-CGT. Ils ne sont "ni cadres ni ouvriers". Ce sont les "professions techniciennes et intermédiaires". Six millions de salariés, soit un quart de la population active ayant un emploi. Pour la cinquième année consécutive, la CGT s'est penchée sur leur moral. Et le premier enseignement de ce sondage, il porte sur les mesures annoncées en décembre par le gouvernement.


Pas convaincue, cette France du milieu, techniciens et intermédiaires. Ils sont 83% à estimer que cela ne va pas améliorer leur pouvoir d'achat, selon l'UGICT-CGT et Viavoice, qui a interrogé un échantillon de plus de 1 000 personnes. C'est pire encore du côté des fonctionnaires de la catégorie B, intermédiaire, là aussi : 94% estiment que les mesures Macron de décembre n'auront pas d'influence sur leur pouvoir d'achat. La prime défiscalisée a pourtant rapporté 450 euros à deux millions de salariés, vient de préciser le gouvernement. Plus de 200 000 entreprises ont joué le jeu. L'autre point qui les caractérise, selon ce sondage, c'est qu'ils ont peur du déclassement social. Encore un peu plus pour leurs enfants que pour eux-mêmes. Les intermédiaires sont plus d'un sur deux à exprimer cette crainte.

La CGT suit cette population depuis cinq ans

Il y a toujours des plaintes sur la rémunération, mais elles se tassent un peu. Ainsi les deux tiers des professions intermédiaires estiment que leur salaire n'est pas en adéquation avec leur charge de travail et leur implication, c'est beaucoup mais ça a tendance à légèrement baisser. Idem quand on leur demande de s'exprimer sur les pratiques managériales. Ils sont près d'un sur deux à penser qu'elles se sont détériorées par rapport à l'an dernier, mais le mécontentement est en lègère baisse constante depuis cinq ans.

Même chose quand on leur parle de la façon dont ils sont évalués. La très large majorité d'entre eux, 67%, estiment que cette évaluation n'est pas fondée sur de bons critères. Mais là aussi ça bouge : par rapport à il y a cinq ans, on trouve davantage de personnes qui pensent que les critères sont justes. Même si, encore une fois, l'évaluation individuelle par le manager, c'est clairement un point qui grince, dans ce sondage. Autre constante : le temps de travail, toujours élevé. Comme l'an dernier, ils sont plus de 60% à dire qu'ils travaillent plus de 40 heures par semaine. Des heures qui ne sont ni payées ni récupérées dans quand même un tiers des cas. Mais là aussi, le phénomène se tasse. Ces heures sup perdues sont en net recul au cours de ces cinq dernières années.

Bref, le moral des professions intermédiaires, vu par l'UGICT-CGT, c'est un tableau plutôt noir, mais qui a plutôt tendance à légèrement s'éclaircir au fil des ans.

Un technicien vérifie des plaques photovoltaïques dans une usine à Tourouvre (Orne).
Un technicien vérifie des plaques photovoltaïques dans une usine à Tourouvre (Orne). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)