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Les entreprises se dotent de spécialistes pour gérer leurs freelances

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C'est un nouveau métier, qui apparait tout juste dans les entreprises, mais qui devrait se développer très vite : celui de "chief freelance officer", ou responsable des talents externes.

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Radio France
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Un open space dans une entreprise de Montpellier (Hérault). (MAXPPP)

Un nouveau métier est en plein développement, celui de "chief freelance officer', ou un responsable de talents externes. Il y a830 000 travailleurs freelance en France, des experts qui vendent leurs talents aux entreprises. Aux Etats-Unis, ils représentent un tiers de la main d'œuvre. Ils pourraient représenter un actif sur deux dans dix ans. Il va falloir s'y habituer, l'entreprise va faire de plus en plus souvent appel à des talents extérieurs. Pourquoi ? Notamment parce que l'économie se complexifie. Qu'il faut faire appel à des experts toujours plus pointus. Il est plus facile – et moins cher ! – d'avoir recours à des travailleurs extérieurs que de former des salariés.

Une récente étude affirme que les entreprises délèguent surtout des tâches hautement stratégiques. Ce sont les départements informatiques suivis par les services commerciaux et de production qui sont les principaux utilisateurs de cette nouvelle façon de travailler. D'ailleurs ça porte un nom. On appelle ça : "l'entreprise élargie".

Des compétences différentes de celles des RH

S'occuper spécifiquement de ces freelances est un travail qui n'est pas dans le champ des ressources humaines, qui demande des compétences que les services qui commandent des missions à l'extérieur n'ont pas. Le chief freelance officer est à mi-chemin entre les RH et la direction des achats.

On ne gère par un freelance comme un salarié. Il faut d'abord connaître sur le bout des doigts les différents statuts de ces experts. Evaluer leurs prestations selon un système de notation partagé par tous. S'assurer qu'ils sont payés rapidement. Leur transmettre la culture de l'entreprise. Mettre éventuellement à leur disposition des locaux adaptés à leur mission. Et puis surtout les fidéliser. Pour que les meilleurs ne partent pas à la concurrence.

Un levier d'innovation

On les trouve dans les secteurs qui utilisent massivement les freelances. Comme les agences de communication, la pub, les organismes de formation, les cabinets de ressources humaines, et aussi dans les directions de services informatiques. Il faut chouchouter les freelances. Les meilleurs sont très recherchés. D'ailleurs ça n'est pas un hasard si ces dernières années se sont multipliées les plateformes de mise en relation entre cette population et les entreprises. Des mastodontes comme Amazon et LinkedIn se sont lancés sur ce marché en très fort développement. Mais aussi des plateformes françaises comme Malt. Et il va falloir s'habituer à la présence des freelances dans les entreprises.

Selon Laetitia Vitaud, qui est professeur à Science Po et à Paris Dauphine,
spécialiste du sujet : "Les meilleurs talents sont aujourd'hui chez les freelances, qui s'adaptent et innovent plus facilement que les salariés dans une économie transformée par le numérique". CQFD.

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