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Les entreprises réticentes à s'attaquer à la pollution due aux transports

Une enquête pointe le peu d'empressement des entreprises à favoriser les modes de transport moins polluants. Il en existe pourtant beaucoup, mais le mouvement est encore timide.

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Une recharge de voitures électriques dans le Nord de la France, le 13 février 2017.
Une recharge de voitures électriques dans le Nord de la France, le 13 février 2017. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Depuis le 1er janvier 2018, toutes les entreprises ayant plus de 100 salariés sur un même site, dans les grandes agglomérations, doivent se pencher sur la question de la réduction de la pollution dans les transports. Cela s'appelle un plan de mobilité.

Une minorité d'entreprises joue le jeu

Dans le cadre du plan de mobilité, les entreprises doivent étudier les déplacements domicile-travail de leurs salariés et surtout dresser un plan d'action pour rendre les trajets moins polluants.

Selon la coopérative Riposte verte, un peu moins d'un quart seulement des grandes entreprises ont lancé leur plan de mobilité. Chez les trois-quarts d'entre elles, cette obligation légale resterait donc lettre morte. C'est la première photographie des entreprises sous cet angle.

Des solutions peu exploitées

La plus efficace des solutions consiste à favoriser le télétravail, un ou deux jours par semaine. Autre solution qui fait plus d'adhésion, le travail dans un tiers lieu, entre l'entreprise et le domicile. Selon Riposte Verte, environ une entreprise sur deux est encore réticente au télétravail et seulement une sur dix a noué des partenariats avec des tiers lieux.

Pour éviter les déplacements, il y a aussi la visioconférence. Si la solution se répand, seules 10% des entreprises évaluent les économies réalisées. Très peu communiquent sur le sujet auprès de leurs salariés. Très peu cherchent à les convaincre d'adopter cette solution.

Les véhicules électriques très peu utilisées

Il y a aussi les véhicules électriques, mais nous ne sommes qu'aux balbutiements. Seulement 3% des entreprises interrogées ont une flotte uniquement constituée de voitures électriques ou hybrides. Un tiers intègre ces véhicules propres à leur flotte, c'est-à-dire qu'elles en ont au moins un ou deux. Idem pour le covoiturage. Une entreprise sur six seulement réserve des places aux covoitureurs.

Quant au coup de pouce au vélo, ça n'est pas non plus très brillant. Seules 85 entreprises, dont trois de plus de 10 000 salariés ont recours à l'indemnité kilométrique vélo. Le système permet de se faire rembourser jusqu'à 200 euros. C'est une démarche volontaire de la part des entreprises. La ministre des Transports, Elisabeth Borne, est favorable à sa généralisation. Mais il faudra sûrement attendre que la réforme de la SNCF soit passée pour aller plus loin.

Une recharge de voitures électriques dans le Nord de la France, le 13 février 2017.
Une recharge de voitures électriques dans le Nord de la France, le 13 février 2017. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)