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Le geek, courtisé par les entreprises ?

S'il y a une catégorie de salariés qui n'ont pas de mal à trouver du boulot, ce sont les spécialistes des nouvelles technologies. Les entreprises se les arrachent, et une étude s'est penché sur leur profil.

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Des employés de la société de jeux vidéo Ubisoft, à Villeurbanne. (illustration)
Des employés de la société de jeux vidéo Ubisoft, à Villeurbanne. (illustration) (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Ils ont des noms bizarres : ingénieur développeur, scientifique data, coordinateur IT... Les entreprises ont toutes les peines du monde à les recruter et à les garder. Une étude, menée par le Boston Consulting Group et l'institut Viavioce, a eu la bonne idée de s'introduire "dans la tête d'un geek". Résultat, ils forment, partout dans le monde, un groupe très homogène, avec ses valeurs, ses modes de fonctionnement, ses rejets et ses intolérances aussi.

Le mot clé : autonomie

Premier enseignement : les geeks sont beaucoup plus indépendant que les autres. Le CDI les intéressent, mais beaucoup moins que le reste de la population salariée. Ils sont beaucoup plus que les autres prêts à travailler en freelance. Deux chiffres : 57% des jeunes actifs veulent avoir un CDI, mais chez les geeks, cette proportion tombe à 37%.

Deuxième trait de caractère, les geeks sont extrêmement focalisés sur leur boulot. S'ils mettent toujours en premier les relations avec leurs collègues, ils valorisent beaucoup plus que les autres l'intérêt de leurs missions.

Troisième point essentiel : l'autonomie. Du coup, on ne les manage pas comme tout le monde. "On n'affecte pas de mission. On dit juste 'voici les missions à couvrir' et ensuite, ils s'organisent entre eux" explique Norbert Faure, qui dirige une équipe de techniciens au Boston Consulting Group.

L'horreur de la bureaucratie

Et si on les dirige de façon classique, plus autoritaire, eh bien ça ne passe pas : "Ils s'en vont, tout simplement". Mais les geeks peuvent être des personnes qui bousculent les lourdeurs de l'entreprise. "Ils ne supportent pas la bureaucratie, et ils peuvent mettre très vite en exergue des circuits un peu longs de formulaires, de validation, qui n'ont plus l'intérêt qu'ils avaient quand ils ont été créés il y a 10 ou 15 ans."

Les geeks seraient des "mutants qui menacent le fonctionnement de l'entreprise" ? C'est en tout cas la thèse de cette étude qui souligne que les spécialistes des nouvelles technologies sont tout à fait imperméables aux discours "corporate" et aux valeurs creuses de la communication interne de l'entreprise, après laquelle il n'attendent pas pour donner un sens à leur vie.

Des employés de la société de jeux vidéo Ubisoft, à Villeurbanne. (illustration)
Des employés de la société de jeux vidéo Ubisoft, à Villeurbanne. (illustration) (PHILIPPE DESMAZES / AFP)