C'est mon boulot, France info

L'ancienne consultante de haut vol s'est lancée dans la difficile culture du safran

Comme tous les vendredis, dans "C'est mon boulot", le portrait et le parcours d'un ancien salarié qui a décidé de créer son entreprise. Comment il a fait, quelles sont les embûches et les choses à savoir. Aujourd'hui, Sylvie, qui s'est installée en Dordogne, dans le Périgord noir. Un retour à la terre pour produire du safran.

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Du safran, en France, on en a même toujours produit. Au Moyen Age, surtout. Et il y a un retour de cette culture. Une production qui a été à la mode dans les années 2000 auprès de ceux qui voulaient quitter la ville. Chez ces "nouveaux néo-ruraux", la tendance n'était plus au fromage de chèvre, mais à la culture de l'"or rouge". Et pour cause : il faut peu de terre, presque pas de matériel, quatre mois pour récolter, et surtout de l'huile de coude. De la main d'oeuvre. Atout principal : le kilo de safran se négocie 35.000 euros. Et il y a de la demande.

Dans les années 90, Sylvie Tisserand est consultante. Chez Ernst and Young. Le top du top. Elle a fait les meilleures études possibles. Puis elle crée sa boite pour accompagner les start-up technologiques, qui explosaient à l'époque. Elle surfe sur une vague énorme. Et puis la bulle des start ups explose. Elle est en première ligne. Elle se dit : qu'est-ce que je fais ? Réponse : je retourne à la terre. En Dordogne, là où elle a grandi. Pour faire quoi ? On verra sur place. Après une étude de marché - les bonnes habitudes ne se perdent pas - elle choisit donc le safran.

Sa première année est catastrophique, elle perd toute sa récolte. Mais elle va rebondir.  Elle s'est diversifiée. Là aussi on retrouve les compétences de l'ancienne consultante. Elle a regardé comment faisaient les safranneries qui s'en sortaient. Elle cultive donc un peu plus d'un hectare de safran. Elle vend des produits dérivés, de la gelée, de la moutarde, du sirop. Elles accueille des groupes pour des visites et de la vente directe. Elle fait chambre d'hôte et gîtes, dans son village de Saint-Julien de Lampon, l'un des plus beaux du Périgord noir. Et elle fait des plantes aromatiques et médicinales, en bio. Et depuis peu des oeufs bio. Elle a trouvé sa vitesse de croisière. Des revenus modestes, mais de quoi vivre bien. Et quelques leçons de sagesse

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