INFO FRANCEINFO. Réforme des retraites : 48% des cadres se disent prêts à manifester pour défendre leur retraite

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Selon un sondage que franceinfo vous dévoile ce lundi, une majorité de cadres veulent partir à la retraite à 60 ans. Et une bonne proportion d’entre eux sont prêts à manifester et à se mettre en grève pour cela.

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Radio France
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Des cadres se croisent sur le parvis de la Défense à Paris. (ALEXIS SCIARD  / MAXPPP)

Les résultats ont étonné l’UGICT-CGT qui a commandé ce sondage à Viavoice avec le cabinet Secafi, que franceinfo dévoile lundi 26 septembre : 56% des cadres veulent une réforme des retraites qui leur permette de partir à 60 ans, avec une prise en compte des années d’études. Ce souhait est particulièrement marqué chez les seniors. 

Selon Sophie Binet, la secrétaire générale adjointe de la CGT des cadres, cette population ne se sent plus la bienvenue dans l’entreprise, lucide sur la place qui leur est accordée. Même s’il n’y a pas de pénibilité physique, il y a, selon Sophie Binet, une usure mentale qui fait qu’on a envie de passer à autre chose à partir de soixante ans.

C’est la deuxième surprise de ce baromètre annuel : près d’un cadre sur deux - 48% exactement -, se dit prêt à manifester pour défendre sa retraite et 42% pourrait se mettre en grève. Parmi les revendications, hormis l’âge de départ, il y a le niveau des pensions. 82% des cadres veulent toucher une pension au moins égale à 75% de leur salaire de fin de carrière. Alors que, selon Sophie Binet, les cadres du privé touchent aujourd’hui 67% de leur dernier salaire et que selon une prévision Agirc-Arco, dans quarante ans, ils pourraient ne plus toucher que 51% de leur salaire.

Les salaires baissent et le télétravail a des répercussions négatives

Autre enseignement : le pouvoir d’achat des cadres a baissé. Sur un an, la baisse des salaires pour les employés a été de 2,7%, mais elle monte à 3,7% pour les cadres. Pourquoi ? Selon la dirigeante de la CGT cadres, c’est parce que les cadres sont exclus des augmentations collectives. Il y a, dit-elle, "un déclassement massif des cadres et une négation de la qualification par les entreprises".

Autre point qui évolue, c’est le temps de travail. On en est désormais à 20% des cadres qui travaillent plus de 49 heures par semaine, alors que le seuil d’alerte pour la santé est de 45 heures. C’est plus cinq points de cadres qui font de trop longues heures par rapport au dernier baromètre. En cause, selon l’UGICT-CGT, le télétravail qui, s’il répond aux aspirations des cadres, a eu des répercussions négatives. Le temps gagné sur les transports est largement reporté sur le travail plutôt que sur les loisirs et le télétravail a favorisé une augmentation des horaires atypiques, en soirée par exemple, notamment chez les femmes. 

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