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Ils ont changé de vie. Sébastien, de la métallurgie à l'horticulture

Cet été, nous nous intéressons à des parcours de salariés qui ont changé de vie. Mardi, Sébastien, à 37 ans, a décidé de passer un CAP d'horticulture et s'est lancé dans les arbres fruitiers après avoir travaillé initialement dans l'industrie métallurgique.

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Des pommes sur un arbre. Photo d\'illustration.
Des pommes sur un arbre. Photo d'illustration. (MÉLANIE KUSZELEWICZ / FRANCE-BLEU CREUSE)

Il aimait bien son travail, Sébastien, dans l'industrie métallurgique tout d'abord puis dans les films de protection temporaire, toujours dans le sud de la France, mais sa vie de famille, surtout depuis l'arrivée de sa fille, commençait à en pâtir : "Ce qui était dur c’était plutôt la compatibilité avec la vie de famille. C’est beaucoup de sacrifices. J’étais absent trois jours par semaine avec des nuits à l’hôtel donc pour la vie de famille ce n’est pas forcément évident." Donc la décision est prise, au fond de lui. D'autant que les objectifs qui montent, à chaque début d'année, qu'il faut se battre pour atteindre, ça commence à le lasser.

Ne reste plus qu'à savoir quoi faire : "Il fallait que je réfléchisse à un emploi qui pourrait me permettre de rester dans le coin, qui me plairait, qui me comblerait pour les 30 prochaines années." Il a toujours aimé jardiner. Il se lance justement dans les boutures et les semis. Sa maison est envahie de pots et d'expériences. Il suit une formation, pour le plaisir. Et découvre tout un monde : "C’est assez magique de prendre deux bouts de bois les assemblées et de former un arbre." Sa passion prend de l'ampleur, et toujours plus de place à son domicile. Il fait des rencontres, et ça se décide : "À force de discuter avec des personnes c’est devenu clair pour moi que je voulais faire ce métier, pépiniériste producteur, spécialisé dans les plantes comestibles." Sa proposition de rupture conventionnelle est acceptée.

Sébastien passe un CAP d'horticulture 

À 37 ans, une nouvelle vie commence : "Avant la quarantaine, comme ça c’est fait pour mes 40 ans." Reste à trouver un endroit pour exercer. Rien de plus simple. Sébastien tombe amoureux de quatre hectares de sol léger en bordure de rivière, avec une vue magnifique sur les Pyrénées. 20 000 euros, pas une fortune. Mais il n'est pas seul sur le coup : "Il y a une deuxième personne qui a eu le coup de foudre en même tant que moi. Pareil, une reconversion, un jeune comme moi, on avait le même âge donc on s’est arrangé pour qu’on prenne chacun deux hectares parce que de toute façon les quatre hectares c’était trop pour nous."

Sébastien fait pousser pour les vendre des pommiers, une variété à chair rouge, notamment, des poiriers, des cognassiers et des cerisiers. Il se différencie des grandes surfaces et des jardineries par la qualité de ses conseils. Pour l'instant, ça démarre : "Mes revenus ont été divisés par trois." Mais l'an prochain ce sera divisé par deux, et ensuite les perspectives sont bonnes. D'ici là, c'est surtout au présent que vit Sébastien. "Je vis à mon rythme, c’est moi qui fais mon planning, je vois ma famille, je m’occupe de ma fille, je m’occupe de ma maison, ce n’est pas comparable."

Des pommes sur un arbre. Photo d\'illustration.
Des pommes sur un arbre. Photo d'illustration. (MÉLANIE KUSZELEWICZ / FRANCE-BLEU CREUSE)