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Ils ont changé de vie. Déborah, de responsable de la communication à documentariste

Cet été, nous nous intéressons à des parcours de salariés qui ont changé de vie. Mercredi, Déborah : responsable de la communication, elle devient documentariste.

Une caméra de reportage. Photo d\'illustration.
Une caméra de reportage. Photo d'illustration. (PATRICK LEFEVRE / MAXPPP)

Un bon poste et un bon salaire dans la communication, après des études au Celsa, Deborah, comme beaucoup de ceux qui suivent des études brillantes, n'a pas vraiment fait de choix : "Je ne me posais pas la question vraiment de ce que j’avais envie de faire. Je me disais plutôt, j'ai l’impression que j’ai des facilités dans ce domaine-là, donc il faut que je travaille dans ce secteur-là. Mais pour moi ça ne faisait pas sens." Et très vite, sans attendre ses trente ans, un certain décalage s'impose : "Très vite je me suis dit : mais en fait, je ne sais où je vais. Je ne comprenais plus quels étaient les objectifs de mes missions et je me sentais un peu à l’étroit. J’avais toujours cette musique d'écrire."

"Trouver l'épanouissement"

Ecrire un documentaire en l'occurence. Sur un sujet qui la passionne : sa grand mère, qui cultive des roses : "Tous les soirs je rentrais du boulot à 19h30 et puis j’écrivais toute la nuit, j’écrivais le week-end, sans savoir où ça allait mener." Une productrice qu'elle connait l'encourage, elle adore le projet. Il va falloir passer à l'étape supérieure : "Quand je l’ai présenté à une chaîne de télé, là on m’a proposé de le réaliser, et alors là, ça a été une autre étape. En fait, j’ai ressenti un vertige. Je ne m'y attendais pas du tout. C’était encore plus loin." D'autant que l'écriture, les synopsis, le tournage, le montage, Deborah n'y connaissait rien :"J’ai tout appris sur le tas, en fait." Plus possible de mener ses deux métiers de front, la jeune femme décide de plaquer son CDI pour devenir documentariste à part entière. Un gros risque :"C’était une partie de poker, un coup de dés. J’ai décidé de prendre un train en marche, de monter dedans et je ne savais pas où j’allais aller."

Le premier film, L'important c'est la rose, est sorti. D'autres ont suivi, en tant qu'auteure ou productrice. Le pari était osé, il est gagnant : "Je vis pas aussi bien que si j’étais responsable communication, ce n’est pas du tout la même économie, c’est une économie assez fragile, mais qui se tient. J’arrive à en vivre, j'ai cette chance." Déborah tire de son parcours une leçon : il faut se faire confiance : "Quand on ne tient compte que des diplômes, on s’empêche de s’écouter, on met en sourdine des rêves qui, si on les écoute un peu plus, peuvent nous mener vers une autre carrière, peuvent nous mener vers d’autres opportunités. C’est aussi comme ça que l’on peut trouver l’épanouissement."

Une caméra de reportage. Photo d\'illustration.
Une caméra de reportage. Photo d'illustration. (PATRICK LEFEVRE / MAXPPP)