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Équilibre entre vie familiale et professionnelle : les femmes subissent plus de reproches de leur entourage que les hommes

Une étude indique, qu'à responsabilités égales, les femmes essuient plus de reproches que les hommes sur la trop grande place que prend le travail dans leur vie.

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Les femmes essuient plus de reproches que les hommes sur le temps trop important qu\'elles consacrent au travail.
Les femmes essuient plus de reproches que les hommes sur le temps trop important qu'elles consacrent au travail. (EUGENIO MARONGIU / CULTURA CREATIVE)

Les femmes essuient davantage de reproches que les hommes sur la manière dont elles gèrent leur temps entre vie familiale et professionnelle. C'est une étude de la Dares (la direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques) qui le montre.

Et vous, vous fait-on des reproches, à la maison ? Vous dit-on que vous n'êtes pas assez disponible, que votre travail prend trop de place ? C'est cette question qu'a posé à 20 000 personnes la Dares, l'équivalent de l'Insee mais pour le ministère du Travail. Résultat : ce sont évidemment les femmes qui essuient le plus de critiques, et ce sont elles qui les prennent le plus durement. "Tu n'es pas assez disponible pour nous à cause de ton travail", reprochent le conjoint ou la conjointe, et les enfants. À situation professionnelle équivalente, avec les mêmes contraintes, la probabilité d'essuyer ce type de critiques est 20% plus élevée pour les femmes que pour les hommes.

Il y a des facteurs aggravants, des situations qui engendrent plus de reproches : le fait d'avoir des enfants jeunes, le fait d'avoir des horaires de travail variables ou imprévisibles, le fait d'avoir de longs temps de trajet et aussi le fait d'avoir peu de soutien de la part de ses collègues et de sa hiérarchie. Tout cela fait qu'on est plus susceptible que les autres de se faire réprimander par ses proches à la maison.


Sans surprise, ce sont contre ceux qui font les plus gros horaires que l'on râle le plus volontiers. Les cadres en première ligne. Mais l'étude de la Dares pointe que ce sont les femmes employées de commerce et ouvrières à qui on fait le plus de reproches. Pourquoi ? Parce que les différences entre les rôles féminins et les rôles masculins seraient plus marquées dans les classes populaires. On y tolère moins que la femme ait moins de temps pour les tâches domestiques et familiales. Par ailleurs, les femmes cadres seraient un peu plus protégées que les autres parce qu'elles ont les moyens financiers de compenser des horaires à rallonge : gardes d'enfant, pressing, femmes de ménage, etc.

Ces reproches peuvent avoir de vraies conséquences sur la santé

C'est peut-être le point le plus étonnant de cette étude. Un quart des femmes à qui on adresse des reproches sur leur disponibilité déclenchent un syndrome dépressif. Le fait d'entendre ce genre de critiques multiplie par plus de deux le risque de faire une dépression. Et le plus surprenant, c'est que les femmes sont beaucoup plus vulnérables en la matière que les hommes. Chez eux, les reproches n'augmentent que très peu le risque d'épisode dépressif. Attention aux paroles, elles peuvent donc avoir de lourdes conséquences.

Les femmes essuient plus de reproches que les hommes sur le temps trop important qu\'elles consacrent au travail.
Les femmes essuient plus de reproches que les hommes sur le temps trop important qu'elles consacrent au travail. (EUGENIO MARONGIU / CULTURA CREATIVE)