Des entreprises s’ouvrent tout doucement au recrutement des seniors, pénurie de main d’oeuvre oblige

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À 56%, le taux d’emploi des seniors en France reste l’un des plus faibles en Europe. Pourtant, une étude semble dire que, pénurie de main d’oeuvre oblige, certaines entreprises commence à recruter des salariés plus âgés.
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Radio France
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Un travailleur senior pose des dalles. (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)

Au cours de ces deux dernières années, une entreprise sur deux déclare avoir embauché des salariés de plus de 55 ans. Un chiffre dont se félicite Isabelle Bastide, présidente du cabinet PageGroup France, qui a commandité une étude que franceinfo a pu consulter sur la question. Pour la spécialiste du recrutement, ce chiffre prouve que les choses sont en train de bouger "par la force des choses", dit-elle. Les entreprises n’ont pas le choix, elles ne trouvent pas la main d’œuvre dont elles ont besoin et acceptent, surtout dans certains secteurs comme l’industrie, où 63% des entreprises déclarent embaucher des seniors, de s’ouvrir à de nouveaux profils, plus âgés.

>> Un nouveau métier à plus de 55 ans, c’est possible

Isabelle Bastide nous explique avoir tout de même énormément de mal à convaincre ses clients, des entreprises qui recrutent, à embaucher des seniors. Pour une femme de plus de cinquante ans, dit cette recruteuse professionnelle : "C’est terrible". Depuis quatre ou cinq ans, toutefois, reconnaît-elle, ça bouge doucement. Dans 20% des cas, nous dit cette étude, les recrutements de personnes de plus de 55 ans visent à répondre à une pénurie de main d’œuvre.

Un échange permanent entre jeunes et anciens  

Certaines entreprises se préoccupent du lien intergénérationnel. Dans certaines entreprises, quatre générations peuvent se côtoyer et il faut créer du lien. Ce lien intergénérationnel est une préoccupation pour six entreprises sur dix, surtout des grands groupes, précise Isabelle Bastide. Et parmi ces entreprises un tiers a effectivement mis en place des actions pour favoriser ce lien générationnel.

Et ça ne va pas forcément dans le sens qu’on imagine puisque si les aînés sont souvent priés d’accompagner les jeunes recrues qui connaissent mal le monde de l’entreprise, la pratique du "reverse mentoring" se développe aussi, toujours selon Isabelle Bastide, de Pagegroup. Il s’agit pour un jeune de former un senior aux nouvelles technologies, aux nouvelles méthodes de management, au travail collaboratif. Utile, pour l’engagement des plus jeunes et pour l’intégration des plus anciens.

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