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Covid-19 : le télétravail, adopté puis peu à peu délaissé

Comment la crise sanitaire a-t-elle bouleversé le monde du travail ? Mercredi, on se penche sur le télétravail. Après avoir été adopté par un travailleur sur cinq au printemps, il a été en net recul. Mais il pourrait bien repartir de l'avant.

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Une salariée en plein télétravail. 
Une salariée en plein télétravail.  (CLAIRE LEYS / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)

C'est une courbe qui monte en flèche, qui stagne, qui redescend lentement mais sûrement. Mais qui pourrait bien en effet repartir vers le haut. La crise du Covid a placé le télétravail au coeur de tous les débats, alors qu'il ne concernait, en 2017, que 3% des salariés, qui le pratiquaient au moins une fois par semaine, selon les chiffres officiels de la Dares, l'organisme statistique du ministère du Travail. Selon l'ANDRH, l'Association des directeur de ressources humaines, seules 8% des entreprises avaient mis en place le télétravail avant la crise. Il concernait surtout des cadres, des femmes, et beaucoup en Île-de-France. En quelques jours, au printemps, subitement, 20% de la population active, plus de cinq millions de personnes, ont dû l'adopter. Et il devait être là "pour de bon". L'ANDRH estimait qu'il n'y aurait pas de retour en arrière. Et Jean Castex affirmait à la fin de l'été que le télétravail était devenu "un fait de société".

Le télétravail a connu un important reflux

Et pourtant, après le déconfinement, la pratique du télétravail a chuté. Fin août, selon un sondage Odoxa, il ne concernait que 15% des personnes en situation d'emploi. Et début octobre, un nouveau sondage Odoxa pour franceinfo confirmait ce mouvement de repli. 14% de télétravailleurs réguliers, 4% qui ne se rendent pas du tout dans leur entreprise – un mouvement qui concerne notamment les entreprises américaines, à l'image de Microsoft qui vient d'autoriser le télétravail à vie – et 10% des travailleurs qui alternent entre bureau et domicile.


La courbe pourrait toutefois repartir vers le haut, pour plusieurs raisons. D'abord parce que depuis la fin de l'été, beaucoup d'entreprises se sont lancées dans la mise au point de leur plan de télétravail. Des négociations parfois longues et difficiles qui aboutiront en début d'année pour certaines. Ensuite parce que le gouvernement demande désormais, particulièrement dans les zones de couvre-feu, de définir un nombre minimal de jours de télétravail. Une recommandation qui n'est pas contraignante. Tout doit passer par le dialogue social. Et enfin parce que les organisations patronales ont fini par ouvrir la porte à un nouvel accord interprofessionnel sur le télétravail. Dans tous les cas, la crise sanitaire aura fait sortir le travail à distance du petit périmètre dans lequel il était confiné.

Une salariée en plein télétravail. 
Une salariée en plein télétravail.  (CLAIRE LEYS / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)