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C'est mon boulot. Connaissez-vous les "bienveillants en entreprise" ?

Jeudi se tient à Paris le tout premier forum des "bienveillants en entreprise". Un système importé du Québec où il est très développé depuis trente ans. Le principe : des salariés "secouristes" qui vont au chevet de leurs collègues en souffrance.

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Un \"bienveillant\" est venu soutenir un collègue.
Un "bienveillant" est venu soutenir un collègue. (MAXPPP)

On les appelle "bienveillants", "primo-aidants", ou bien "délégués sociaux en entreprise". Mais le principe est le même : ce sont des salariés ordinaires, mais quand même spécialement formés pour leur mission, qui se chargent de détecter ceux qui vont mal parmi leurs collègues. Et ce avant qu'il ne soit trop tard : avant un burn out, un long arrêt maladie, ou pire, avant un suicide au travail.

Ce système est né il y a 34 ans au Québec. La crise économique frappe alors le pays de plein fouet. La souffrance au travail explose. Le principal syndicat, la Fédération des travailleurs du Québec décide de réagir et créé ce système. Aujourd'hui, ils sont plus de 3 000 présents dans 1 100 lieux de travail.

En France, la CFTC a créé à son tour un réseau. Ils sont aujourd'hui 180. Vingt nouveaux membres sont formés chaque trimestre. Jean-Paul Vouiller, "bienveillant" chez Hewlett Packart : "Nous allons détecter des salariés qui s'isolent, qui ne parlent plus, aller vers eux, proposer notre aide, ou par le bouche à oreille ils vont venir nous voir directement".

Des bienveillants qui font le lien

C'est un peu le chaînon manquant entre l'assistante sociale, le délégué du personnel et le médecin du travail. Leur point fort c'est que ce sont des collègues "ordinaires", et qu'ils peuvent capter les signaux d'alerte dans les couloirs, les ateliers ou à la machine à café. Dans quels cas peuvent-ils intervenir ? Jean-Paul Vouiller : "Le surmenage, le harcèlement ou des problèmes d'organisation du travail, mais il peut aussi y avoir des problèmes personnels liés à des problèmes de santé, d'endettement, d'échec scolaire d'un enfant, un problème avec le conjoint..."

Ils ne font pas que détecter, ils travaillent avec des "guides de ressources", concrètement, des listes de solutions adaptées à chaque cas. Ils vont orienter le salarié en souffrance vers la bonne personne, le bon professionnel adapté au problème. Tout ça a été très codifié par les Canadiens. Chaque "bienveillant" reçoit trois jours de formation, et surtout il peut compter sur les autres membres de son réseau. Une association nationale des réseaux d'entraide en entreprise va justement voir le jour aujourd'hui dans le cadre de ce premier forum français.

Un \"bienveillant\" est venu soutenir un collègue.
Un "bienveillant" est venu soutenir un collègue. (MAXPPP)