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C'est mon boulot. Bientôt une représentation unique des salariés

Simplifier les instances de représentation du personnel pour permettre un meilleur dialogue dans l'entreprise : c'est l'un des dossiers du nouveau ministre du Travail.

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Ministère du travail, 127 rue de Grenelle à Paris.
Ministère du travail, 127 rue de Grenelle à Paris. (DAMIEN MEYER / AFP)

C'est l'un des dossiers que le nouveau ministre du Travail va trouver sur son bureau : le grand chamboulement des représentants du personnel. L'idée générale : simplifier pour permettre un meilleur dialogue dans l'entreprise.

Il y a aujourd'hui un comité d'entreprise, un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, le CHSCT, des délégués du personnel... Emmanuel Macron a annoncé dans son programme qu'il voulait regrouper tout ce monde-là – ce que l'on appelle les IRP, les instances représentatives du personnel – dans une "instance unique de représentation". Cet organisme unique sera mis en place dans toutes les entreprises, sans limitation de plafond, donc même dans les très grandes. Même si les structures existantes pourraient perdurer si un accord d'entreprise les valide.

Simplification des structures

Le président de la République ne veut plus d'un dialogue social lourd et hyperformalisé. Il estime que "la multiplication des structures n'est pas la condition d'un bon dialogue social" dans l'entreprise. Une proposition que le Premier ministre juppéiste Edouard Philippe devrait avoir d'autant moins de mal à faire porter à son ministre du Travail qu'elle figurait déjà dans le programme d'un certain Alain Juppé aux primaires de la droite et du centre.

Comment cette mesure est-elle reçue par les partenaires sociaux ? Très bien par les organisations patronales. Le Medef et la CGPME défendent cette mesure depuis longtemps. Côté syndicat, c'est le flou. Il y a deux ans, ils n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur le sujet. Et c'est la loi Rebsamen qui avait finalement imposé cette "délégation unique du personnel", qui peut d'ores et déjà remplacer les différentes instances dans certaines entreprises si les représentants élus sont d'accord. Là, il s'agirait d'étendre la mesure.

Le ministre du Travail a deux autres sujets sur son bureau concernant les représentants du personnel. Le premier concerne leur financement. Emmanuel Macron a écrit dans son livre Révolution qu'il était favorable à un système proche du "chèque syndical". En clair, l'entreprise attribue un montant à chaque salarié, qu'il peut dépenser comme il l'entend en soutenant tel ou tel syndicat présent dans l'entreprise. Le deuxième dossier concerne la formation des représentants du personnel. Le président de la République veut plus de dialogue au niveau des entreprises, il faut donc des interlocuteurs capables de dialoguer. D'où l'idée de mieux former les représentants syndicaux sur la gestion des entreprises. Simplifier et professionnaliser le dialogue social en quelque sorte.

En bref

Un employeur sur cinq ne met qu'une minute à décider s'il embauche ou non un candidat. Il ne faut qu'une minute à 19% des recruteurs pour prendre leur décision. Une plus grande proportion, 44%, se décident au bout d'un quart d'heure et 32% attendent jusqu'à la fin de l'entretien, selon un sondage réalisé par TotalJobs sur plus de 6 000 chercheurs d'emplois et 150 recruteurs.

Ministère du travail, 127 rue de Grenelle à Paris.
Ministère du travail, 127 rue de Grenelle à Paris. (DAMIEN MEYER / AFP)