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C'est mon boulot. 30 ans comme directeur international : le temps et les distances ont rétréci

A l'occasion des 30 ans de franceinfo, on se penche sur ceux qui font le même métier depuis 30 ans. Comment vivent-ils ? Comment ont-ils vécu les évolutions de leur profession ? Aujourd'hui, un directeur international.

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Un homme en costume consulte son amartphone assis dans un aéroport.
Un homme en costume consulte son amartphone assis dans un aéroport. (MAXPPP)

Un directeur international, ça passe son temps à voyager. Dans le monde entier. Didier Argenton travaille pour une entreprise américaine spécialisée dans le domaine de la technologie mobile. Première grande évolution, la langue de travail. L'anglais a tout submergé : "J'utilise l'anglais quasiment tout le temps, à 90% du temps, alors que ça n'était pas le cas il y a 20 ou 30 ans. On retrouve à peu près la même chose dans tous les pays développés et même dans les pays émergents, ils ont tendance à suivre la méthode américaine, ou en tout cas occidentale."

Une uniformisation de la langue et des méthodes de travail qui n'a pas toujours existé :"Les gens étaient encore habillés de manière locale, vivaient de manière locale, on allait dans des endroits où on n'irait plus maintenant pour faire du business." Quand Didier Argenton a commencé dans ce métier de grand voyageur il y avait beaucoup moins de liaisons aériennes. Il était obligé de rester plus longtemps sur place. C'est fini maintenant : "On restait au moins une semaine alors que maintenant, on peut faire un aller-retour dans la journée, en tout cas au niveau européen."

La relation humaine au cœur du métier

Les relations humaines qui faisaient le sel de ce métier ont changé. Didier Argenton : "Quand vous étiez en déplacement, vous alliez y passer la nuit, ou deux nuits, donc vous alliez déjeuner, dîner avec votre correspondant local ou votre client. Il y avait une intimité qui se créait qui n'existe quasiment plus parce que maintenant, la relation est très rationnelle, très efficace, et on fait un aller-retour."

A l'époque de la visioconférence, du conf call et de Skype, il est toujours question de se déplacer : "Rien ne remplace la relation humaine, en particulier quand vous travaillez avec des pays lointains. Vous avez besoin de voir les gens, de créer cette relation de confiance pour être sûr qu'à 10 000 kilomètres de là, on va s'occuper correctement de vous. Rien ne remplacera la relation humaine, la démonstration en étant en face du client, et pas par internet ou par Skype" estime Didier Argenton .

Un homme en costume consulte son amartphone assis dans un aéroport.
Un homme en costume consulte son amartphone assis dans un aéroport. (MAXPPP)