Un test urinaire pourrait permettre de détecter les troubles cognitifs

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Et si un simple test d’urine permettait de diagnostiquer les troubles cognitifs, comme la maladie d’Alzheimer ? Une étude chinoise suscite un espoir. 

Article rédigé par
Martin Ducret - franceinfo
Radio France
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La maladie d'Alzheimer. Illustration de la dégénération des neurones affectés.  (KATERYNA KON/SCIENCE PHOTO LIBRA / SCIENCE PHOTO LIBRARY RF / GETTY IMAGES)

Martin Ducret, médecin et journaliste au Quotidien du Médecin détaille aujourd'hui les résultats d'une nouvelle étude chinoise publiée dans la revue Frontiers. Un marqueur biologique retrouvé dans un test urinaire pourrait permettre de diagnostiquer des troubles cognitifs comme la maladie d'Alzheimer. 

franceinfo : En quoi consiste cette étude, dont les résultats suscitent de l'espoir ? 

Martin Ducret : Cette étude, réalisée par l’équipe du Dr Wang à Shangaï, à cherché à savoir si un marqueur biologique retrouvé dans les urines, l’acide formique, était plus élevé chez des patients atteints de troubles de la mémoire, que chez des sujets sains. Pour étayer cette hypothèse, plus de 500 personnes âgées ont été réparties en cinq groupes, selon la gravité de leurs troubles cognitifs. C'est-à-dire un groupe de sujets sains et quatre groupes de sujets avec des troubles cognitifs, gradué de légers à sévères.

L’ensemble des patients a bénéficié d’une série de tests validés pour le diagnostic de ces troubles et, bien sûr, d’un dosage urinaire d’acide formique. Au final, les quatre groupes de patients atteints de troubles de la mémoire avaient un taux d’acide formique dans l’urine plus élevé que les sujets sains.

Pourquoi cette étude est-elle innovante ?

Pour le Dr Guillaume Sacco, le chef du service de gériatrie au CHU de Nice, "cette étude est particulièrement intéressante car elle cherche à mettre en évidence un outil de dépistage simple, pour aider au diagnostic des maladies de la mémoire à un stade débutant." 

Cette étude est dans la lignée de plusieurs autres travaux qui cherchent de nouvelles pistes de dépistage facilement accessibles. On a d’ailleurs parlé, il y a quelques semaines dans C’est ma Santé, des possibilités de détection de la maladie d’Alzheimer grâce à des photographies de la rétine, couplées à de l’intelligence artificielle.

Les méthodes de diagnostic actuelles sont trop complexes ?

Oui tout à fait. Actuellement, le diagnostic des troubles de la mémoire, et en particulier de la maladie d’Alzheimer, n’est pas évident. Il faut associer un bilan de mémoire, des prélèvements biologiques et une imagerie du cerveau. Ces tests sont majoritairement réalisés lorsque les troubles de la mémoire sont déjà bien installés.

Un test, voire une association de tests de dépistage, simples et efficaces, semble donc indispensable à un stade débutant, lorsque les symptômes sont encore difficilement identifiables. Parce que c’est justement à ce stade-là qu’il est primordial d’enclencher une prise en charge adaptée pour ralentir la progression de la maladie.

Sur quoi repose la prise en charge de maladies à un stade débutant ?

Tout d’abord le Dr Sacco précise "qu'à ce jour, les quelques médicaments sur le marché ne permettent pas de guérir les maladies responsables de troubles de la mémoire. Ces médicaments permettent seulement d’atténuer les symptômes de ces maladies." La prise en charge, complexe et qui implique à la fois les proches du patient et les acteurs de santé, repose donc principalement sur des mesures non médicamenteuses.

Le Dr Sacco a insisté sur "l’importance du maintien d’une activité physique adaptée et des interactions sociales ainsi que la participation à des activités artistiques et ludiques." Le but est de stimuler au maximum le cerveau du patient pour repousser au plus tard sa perte d’autonomie.

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