Recherche médicale : un nouveau médicament pourrait soulager les douleurs chroniques

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Trouver des solutions contre des douleurs chroniques qui restent souvent insupportables. C’est l’espoir généré par une découverte australienne publiée cette semaine.

Article rédigé par
Géraldine Zamansky - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La recherche avance en matière de douleurs et souffrances chroniques. Une publication australienne révèle pour la première fois un mécanisme d’action chimique très précis de certains antidépresseurs au niveau des régulateurs de la douleur. (Illustration) (OSCAR WONG / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Certains antidépresseurs pourraient agir sur les régulateurs de la douleur. Une récente étude australienne pourrait permettre de mettre au point de nouvelles solutions pour soulager les souffrances chroniques. Décryptage avec Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5.

franceinfo : Ces chercheurs australiens ont vraiment trouvé un nouveau traitement ?

Géraldine Zamansky : Presque. En fait, l’histoire de cette découverte commence dans les années 1960. On constate alors l’effet secondaire positif de traitements antidépresseurs. Ils réduisent parfois aussi l’intensité des douleurs chroniques des patients. Et plus précisément des douleurs dites neuropathiques, c’est-à-dire liées à une atteinte du système nerveux.

Par exemple après une blessure ou une opération chirurgicale, des nerfs ont été coupés et ont en quelque sorte mal cicatrisé. Ou ils sont abîmés par des maladies comme le diabète ou la sclérose en plaque. Impossible de vous citer ici tout ce qui peut endommager la sensibilité des nerfs et les mettre dans une sorte d’état d’alerte anormal. Cela va entraîner selon les patients, des sensations de picotements, de brûlures ou de décharges électriques, temporaires ou permanentes. 

Mais comment ces douleurs particulièrement pénibles ont-elles été soulagées par des médicaments contre la dépression ?


Et bien, les résultats australiens de cette semaine contribuent à répondre à cette question qui fait l’objet de recherches depuis 60 ans ! Alors je vous rassure, on connaissait déjà l’essentiel, que m’a expliqué le Dr Delphine Lhuillery, médecin spécialiste de la douleur.

Pour essayer de faire simple, nous avons dans le cerveau différents "messagers" pour coordonner les "ordres" vers l’ensemble du corps. Certains contribuent à fois à la régulation de l’humeur et à la régulation de la douleur. Alors vous avez deviné, les traitements qui cherchaient d’abord à réduire les idées noires ont fait d’une pierre deux coups.

Résultat, ces antidépresseurs sont devenus une véritable arme thérapeutique face à des douleurs effectivement très pénibles. Certaines personnes concernées le savent bien, elles ont pu être surprises en lisant la notice de leur médicament.


Mais si on s’en sert déjà, quel est l’intérêt des découvertes australiennes ?

C’est que la publication australienne de cette semaine révèle pour la première fois un mécanisme d’action chimique très précis de certains antidépresseurs au niveau des régulateurs de la douleur. Et cela permet d’envisager la création d’un médicament qui reproduirait uniquement cette action. En évitant les effets secondaires négatifs de ces traitements comme la prise de poids par exemple.

Heureusement, pour ces douleurs comme pour beaucoup d’autres, des doses réduites sur une durée limitée suffisent souvent. Mais ce n’est pas toujours le cas. Alors on espère vraiment que des nouvelles solutions vont être rapidement mises au point ! 

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