Mort subite en pleine activité physique

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La FIFA vient de publier les résultats d'un long suivi des décès enregistrés sur les terrains de foot. Ils montrent qu'il faut renforcer la formation au massage cardiaque et multiplier les défibrillateurs externes dans les stades. Cela vaut pour tous les sportifs. Si vous courez par exemple, formez-vous, et que votre camarade de jogging le soit aussi. 

Article rédigé par
Géraldine Zamansky - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Défribrillateur public français. (Illustration) (RICHARD VILLALON / MAXPPP)

La plupart des 1000 décès annuels enregistrés en France au cours d'une activité physique concerne des hommes d'une cinquantaine d'années dans le cadre d'un "loisir". Presque tous les amateurs de foot ont vu le danois Christian Eriksen s’effondrer en plein match de l’Euro l’été dernier. Il a été sauvé grâce à un massage cardiaque réalisé sur le terrain. Les précisions de Géraldine Zamansky. 

franceinfo : Vous n’avez pas l’habitude de venir parler de foot avec nous, Géraldine Zamansky, vous êtes journaliste au magazine de la Santé sur France 5. Mais cette semaine, une étude de la Fédération internationale de football, la FIFA, montre bien l’importance des premiers secours et pas seulement pour les pros ?  

Géraldine Zamansky : Exactement. La FIFA a suivi pendant 4 ans les accidents graves survenus pendant et juste après un match de foot dans le monde. Sur les 600 joueurs concernés, moins d’un sur 4 a survécu. Car certains étaient des amateurs, sans équipe médicale, ni coéquipier formé au massage cardiaque. Et ils jouaient souvent dans des petits stades sans défibrillateur.

Ce défibrillateur, c’est aussi ce qui a sauvé Christian Eriksen, en plus du massage cardiaque. Il s’agit d’une version utilisable par le grand public de la machine bien connue des amateurs des séries médicales. Vous savez, ces sortes de poignées en métal que les médecins posent sur la poitrine des patients pour donner un choc électrique et faire repartir le cœur.

Désormais, vous et moi pouvons y parvenir. De plus en plus de lieux publics sont équipés de kits avec des instructions très simples pour expliquer comment poser des plaques autocollantes sur la personne inconsciente.  

Vraiment, n’importe qui peut se transformer en héros de la série Urgences ?

Presque. En tout cas, pour sauver quelqu’un d’un arrêt cardiaque, oui. L’idéal étant d’avoir suivi une mini formation aux premiers secours. C’est aussi ce que montre une étude française également publiée cette semaine.

Des cardiologues ont recensé ces accidents qu’on appelle les morts subites dans toutes les activités sportives, pas seulement sur les terrains de foot. Et bien, en Île-de-France, la région étudiée, la survie a été pratiquement multipliée par 3 entre 2005 et 2018. Car il y a eu presque 100% de massages cardiaques réalisés rapidement au lieu de 50% il y a 15 ans. Et bien plus de défibrillateurs ont pu être utilisés.  

Mais c’est quand même très inquiétant votre histoire de mort subite chez des sportifs, même amateurs. Normalement, le sport, c’est bon pour le cœur ?

Absolument. C’est ce que m’a confirmé le Dr Marijon, un des cardiologues auteurs de l’étude française. Mais à condition de respecter quelques règles d’or. En parler à son médecin quand on "s’y remet" vers 40-50 ans. Et puis, toujours s’échauffer pour ne pas infliger un effort trop brutal au cœur qui risque alors de lâcher. S’hydrater, renoncer s’il fait trop chaud ou trop froid…

Bref, ne pas forcer. Un risque à 95% masculin, selon les tristes statistiques des deux études. Donc messieurs, soyez plus raisonnables et essayez d’avoir toujours près de vous, un ami formé aux gestes qui sauvent !     

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