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C'est ma santé. La solitude augmente sensiblement le risque de mort prématurée

L'isolement social et la solitude favorisent le risque de maladies cardiovasculaires, de maladies infectieuses, et accélèrent la détérioration des fonctions cognitives. C'est ce qui ressort d'études menées aux États-Unis.

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franceinfoBruno RougierRadio France

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Une personne seule.
Une personne seule. (KATHLEEN FINLAY / IMAGE SOURCE)

La solitude, c'est mauvais pour notre santé. Des études publiées aux États-Unis confirment que la solitude représente un risque de mortalité plus élevé que l'obésité ou que la pollution de l'air.

Plusieurs centaines d'études ont été analysées. Des psychologues américains se sont d'abord intéressés à un groupe de 150 études sur la solitude, plus de 300 000 personnes ont été interrogées. Toutes ces études concluent que le risque de mort prématurée est augmenté de 50 % chez les personnes qui sont solitaires par rapport à celles qui ont de nombreuses relations sociales. D'autres travaux ont porté sur près de trois millions et demi de personnes qui vivent aux États-Unis, en Europe, en Asie et en Australie. L'idée était d'étudier l'impact de l'isolement social, de la solitude ou du fait de vivre seul sur la mortalité. Et là encore on voit que ces trois situations augmentent significativement le risque individuel de mortalité.

La solitude à l'origine de maladies diverses

Les chercheurs pensent que l'isolement social, c'est-à-dire le fait de ne pas avoir de contacts sociaux dans sa vie quotidienne, et la solitude, favorisent le risque de maladies cardiovasculaires, de maladies infectieuses, accélèrent la détérioration des fonctions cognitives. Au final, les personnes souffrent de troubles du sommeil, l'hormone de stress augmente, le système immunitaire se détériore, ouvrant la porte aux maladies. Deux grandes raisons expliquent l'impact de la solitude sur notre état de santé : d'abord les relations sociales jouent un rôle de tampon en cas de coup dur comme l'annonce d'un deuil ou d'une mauvaise nouvelle. Ensuite les personnes qui bénéficient d'un réseau social ont de meilleurs habitudes de vie. Malheureusement on est certain que le nombre de personnes concernées par l’isolement social et la solitude va se multiplier dans les prochaines années. C'est déjà visible aux États-Unis où un quart de la population vit seule.  

Il faut lutter contre la solitude

Les spécialistes estiment que c'est une question d'éducation. Cela doit commencer dès l'école où il faut apprendre aux enfants à avoir des relations sociales avec les autres. Les médecins peuvent aussi jouer un rôle en abordant cette question avec leurs patients lors d'une consultation et en les encourageant à avoir des contacts avec les autres. Par ailleurs, il faudrait informer les personnes au moment de leur départ à la retraite car elles sont habituées dans le monde du travail à vivre dans un environnement social. Du jour au lendemain ces relations vont disparaitre. Il faudrait donc multiplier pour ces personnes des espaces sociaux partagés qui encouragent l'interaction comme des centres récréatifs ou des jardins communautaires.

Une personne seule.
Une personne seule. (KATHLEEN FINLAY / IMAGE SOURCE)