C'est ma planète, France info

C'est ma planète. Peut-on produire sans pesticides ?

Produire sans pesticides, c'est possible. C'est en tout cas ce que tente de prouver la semaine des alternatives aux pesticides qui fête sa douzième édition. Loin d'être majoritaires, ceux qui essayent de ne plus utiliser de produits chimiques sont de plus en plus nombreux.

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Pulvérisation de pesticides en agriculture (photo d\'illustration)
Pulvérisation de pesticides en agriculture (photo d'illustration) (MAXPPP)

La France est encore aujourd'hui le pays qui achète le plus de pesticides en Europe. L'Espagne lui passe devant en termes de consommation. Cela fait des décennies que cela dure, au point qu'aujourd'hui les études scientifiques retrouvent ces substances partout : dans l'eau de nos rivières, de nos nappes phréatiques, dans l'air... et même dans les nuages de brouillard.

Les pesticides sont également présents dans nos aliments, dans nos intérieurs, dans nos jardins. On les retrouve donc dans nos cheveux ou dans nos urines, comme le montrent régulièrement les enquêtes de l'association Générations futures, qui porte jusqu'au 30 mars des alternatives aux pesticides.

Les communes "zéro phyto" se multiplient

L'état des lieux évolue. Les fermes bio étaient environ 11 000 il y a douze ans, elles sont un peu plus de 32 000 aujourd'hui. On est loin du total de 500 000 exploitations agricoles que compte la France... et c'est insuffisant pour atteindre l'objectif du Grenelle de l'environnement de 6% de surface agricole utile (SAU) en agriculture biologique. Un objectif que l'on espérait atteindre en 2012.

Près de 3 000 villes et villages se sont engagés dans une démarche "zéro phyto". Là encore, sur le total des 36 000 communes françaises, le chiffre ne pèse pas lourd. Mais ces communes ont l'obligation légale d'essayer de se passer des pesticides. Et de Grande-Synthe (Nord) à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), en passant par Versailles (Yvelines), les mairies préfèrent changer le travail de leurs jardiniers : plutôt que de pulvériser des produits phyto, les agents effectuent du paillage sur leurs massifs, plantent des fleurs sauvages plutôt que des rosiers bien taillés, ou alors font appel à des coccinelles pour manger les pucerons.

Des chartes de bonnes pratiques

Ce passage par des alternatives aux pesticides va s'entendre aux jardins amateurs et aux entreprises en 2019. Même les grandes firmes de phyto comme Monsanto-Bayer se penchent sur les solutions de lutte biologique, comme la confusion sexuelle.

Au printemps, de nombreux conflits de voisinages éclatent entre les agriculteurs, qui épandent leurs traitements, et les riverains, qui vivent tout près des champs. Là aussi, les choses avancent. Dans le Limousin, une charte de bonnes pratiques vient d'être signée entre l'association Phyto-Victimes et des pomiculteurs, qui se sont engagés à ne pas pulvériser de produits à moins de cinquante mètres des maisons... mettant fin ainsi à plus de dix ans de tensions.

Pulvérisation de pesticides en agriculture (photo d\'illustration)
Pulvérisation de pesticides en agriculture (photo d'illustration) (MAXPPP)