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C'est ma planète. Manger trop de viande peut nuire à l’environnement

Notre consommation de viande et de produits laitiers est aujourd’hui responsables de 18 % des émissions de gaz à effet de serre.

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franceinfoAnne-Laure BarralRadio France

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Une batterie de vaches de race hollandaise Prim\'Holstein.
Une batterie de vaches de race hollandaise Prim'Holstein. (MARCEL MOCHET / AFP)

Les climatologues ont une dent contre notre steak de boeuf. À la COP23 cette semaine à Bonn, en Allemagne, les entreprises de la viande et des produits laitiers sont venus défendre leur activité. Pour l'anecdote, il n'y avait pas d’entrecôtes dans les cantines de la conférence climat, nous avons quand même trouvé un petit sandwich de dinde mais on peut dire qu’ici l’alimentation parie plutôt sur les protéines végétales. Une façon de se mettre en cohérence avec les messages des climatologues depuis des années : notre consommation de viande et de produits laitiers est aujourd’hui responsables de 18 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que le secteur des transports au niveau mondial. Grain, une ONG environnementale internationale, estime d’ailleurs que si le secteur poursuit ses prévisions de croissance, il sapera notre effort climatique pour éviter un monde plus chaud de 2°C. Bientôt, il va falloir choisir entre un steak et un tour en voiture !

Les entreprises de la viande classées selon leur pollution 

JBS, entreprise brésilienne et les mastodontes américains Cargill et Tyson émettent à eux trois plus de gaz a effet de serre que la France sur toute une année. Autant que les compagnies pétrolières BP, Exxon et Shell. En tout, l’ONG Grain a fait ses calculs pour une vingtaine d’entreprises. Dans la liste, deux françaises se distinguent : Lactalis fait parti des 10 plus émettrices et Bigard se classe septième, mais seulement pour celles qui produisent du bœuf. L’ONG a utilisé la méthode de calcul mise au point pour l’organisation agricole mondiale, la FAO. Elle n’a pas pris en compte que le CO2, mais aussi le méthane et les autres gaz à effet de serre de l’élevage, comme le protoxyde d’azote. On sait que les scientifiques évaluent encore mal le niveau de ces émissions mais beaucoup d’entre eux pensent que c’est sans doute pire que leurs prévisions.

Le développement de l’élevage intensif en cause

On donne des tourteaux de soja ou de maïs à nos vaches plutôt que de les emmener au pré. Du coup, on déforeste les forêts d’Amazonie. On schématise, mais en gros c’est ça. Les lisiers de nos poules, veaux, vaches, cochons émettent du protoxyde d’azote au pouvoir encore plus réchauffant que le CO2. Même chose pour le méthane que nos ruminants émettent avec leurs rots. Pour les entreprises de la viande et des produits laitiers, il faut qu’une vache produise plus de lait et qu’un bœuf grossisse plus vite, cela réduira son empreinte. Une solution qui ne plaît évidemment pas à l’ONG de défense de l’agriculture paysanne, Grain, qui ne prône pas le véganisme pour autant mais une aide plus ciblée des petits éleveurs qui, eux, emmènent encore leurs vaches dans les prés.

Une batterie de vaches de race hollandaise Prim\'Holstein.
Une batterie de vaches de race hollandaise Prim'Holstein. (MARCEL MOCHET / AFP)