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C'est ma planète. La France en retard dans les énergies renouvelables

Cette semaine, le chantier de la première éolienne flottante française a été inauguré près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pourtant cette innovation ne cache pas les difficultés françaises à développer les énergies renouvelables.

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Illustration : des éoliennes en pleine mer, au large du Danemark, en septembre 2016.
Illustration : des éoliennes en pleine mer, au large du Danemark, en septembre 2016. (FRANCOIS LEPAGE / MAXPPP)

Baptisée "Floatgen", le chantier de la première éolienne flottante de française a été inaugurée. Un pas de plus pour le développement des énergies renouvelables, alors que la France semble toujours à la traîne.

Le secteur des énergies propres veut mettre en avant certaines bonnes nouvelles. L'éolien à terre vient de vivre une année record : plus 45% d'installations raccordées au réseau en plus par rapport à l'an dernier. Et puis ce chantier en mer près de Saint-Nazaire marque l'arrivée d'une nouvelle technologie. Si l'éolien terrestre ne se développera pas beaucoup plus tous les espoirs se portent sur l'éolien en mer.

Cette première éolienne française sera mise en service au large du Croisic avant la fin de l'année, mais elle devra d'abord être expérimentée pendant deux ans avant de vraiment pouvoir faire ses preuves à grande échelle. Comme le rappelle les professionnels, il y a plus 3 000 éoliennes offshore en fonctionnement dans le monde et toujours aucune en France, alors que le Danemark ou la Belgique en ont depuis 20 ans.

Des promesses au Grenelle de l'environnement mais peu d'actions

Des promesses qui datent de 2008, mais comme on dit souvent les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Dans les faits, la France a accéléré en huit ans son développement des renouvelables, mais semble avoir fixé des objectifs un peu trop haut. Par exemple, celui de 23 % d'énergies renouvelables dans notre consommation globale d'ici 2020. Pour l'instant, le taux est de 15%, loin derrière nos voisins européens, Espagnols ou Allemands.

Et il sera difficile de rattraper le retard. D'abord parce que les entreprises font des choix dans leurs investissements vers ce qui est rentable rapidement. Général Electric vient de laisser tomber le développement de ses hydroliennes, des turbines sous-marines qui produisent de l'électricité grâce aux courants.

Mais aussi parce que si nous nous targuons d'être des champions dans certains secteurs comme le nucléaire. Ce n'est pas le cas tous le temps: EDF a aussi du retard dans un projet d'hydrolienne à Paimpol. Les boulons de ses turbines développées avec DCNS n'ont pas supportées l'eau de mer et la corrosion.

Oublier les objectifs ? 

C'est un peu comme si on avait promis d'avoir 20/20 et qu'on ne décroche qu'un. Du coup est-ce une raison pour arrêter ses études ? Ce n'est pas forcément ce qui va se passer. Le problème c'est que nous avons voté des lois avec de grands objectifs, mais que les décrets d'application n'ont pas permis de développer aussi vite les projets. Les contraintes techniques n'ont pas toutes été réglées.

Pour autant, beaucoup d'industriels français regardent les projets de développement d'énergies renouvelables dans le monde entier et pensent qu'ils ont leur carte à jouer. Des PME jusqu'aux multinationales, elles s'intéressent au transport électrique ou à hydrogène, à l'énergie thermique des mers... Il y a donc encore de l'espoir.

Illustration : des éoliennes en pleine mer, au large du Danemark, en septembre 2016.
Illustration : des éoliennes en pleine mer, au large du Danemark, en septembre 2016. (FRANCOIS LEPAGE / MAXPPP)