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C'est ma maison. Immobilier : bilan 2020 et perspectives 2021

L'année 2020 a été très particulière pour le marché immobilier aussi. La crise sanitaire a enclenché des rêves de maison avec jardin.

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Façade d\'un immeuble \"haussmanien\" à Paris. 
Façade d'un immeuble "haussmanien" à Paris.  (GETTY IMAGES)

franceinfo : Nous faisons le bilan de l’année 2020 qui a été très particulière pour le marché immobilier aussi. Charlie Cailloux, vous êtes conseiller juridique pour le site immobilier PAP.fr, on imagine qu’avec les deux confinements le marché immobilier a tourné au ralenti en 2020 ? 

Charlie CaillouxFinalement, pas tant que ça ! Selon les notaires, entre 960.000 et 990.000 transactions dans l’ancien ont été actées en 2020. C’est un peu moins qu’en 2019 mais il faut rappeler que l’année 2019 était une année record où l’on avait dépassé le million de ventes. C’est vrai que le premier confinement en mars a mis complètement le marché à l’arrêt, mais la reprise a été très forte dès que les visites ont pu reprendre en mai. Il y a eu clairement un effet de rattrapage et finalement l’impact de la crise sanitaire est assez limité sur le volume de ventes.   

Le confinement a tout de même entraîné un regain d’intérêt pour les maisons avec jardin…

Oui ! Clairement, dans les recherches de logements sur PAP, on a constaté cette année une augmentation spectaculaire des recherches en périphérie des métropoles, dans les villes moyennes et dans les zones rurales.  Et contrairement aux années passées, les hausses de prix les plus élevées ne concernent pas les marchés les plus chers (à l’exception de Lyon). De grandes villes non métropoles (comme Limoges, Le Mans, Dijon, Clermont-Ferrand…) ont enregistré des hausses supérieures à 7 % *. C'est la revanche des villes moyennes. Les métropoles attirent moins. Beaucoup d’acquéreurs sont prêts à troquer la proximité du centre-ville contre un jardin et un peu plus d’espace.   

Comment peut-on expliquer que le marché immobilier ait si bien résisté ? 

D’abord, le marché est porté par des taux d’intérêt qui sont restés très bas et par les mesures de soutien de l’Etat à l’économie. L’incertitude pour 2021, c’est la capacité de financement des Français. Cette crise sanitaire a et aura forcément des conséquences économiques et le pouvoir d’achat immobilier des ménages risque de baisser. En ce qui concerne le crédit immobilier, le Haut conseil de stabilité financière, qui est chargé de réguler le crédit en France a assoupli les conditions d’octroi pour 2021 : désormais les banques peuvent accepter jusqu’à 35 % d’endettement, ce qui peut aider les primo-accédants dont le financement est souvent ric-rac.  

Cela veut dire que les robinets du crédit sont grand ouverts en 2021 ? 

Non quand même pas ! Les banques sont strictes sur les crédits, on a vu le taux de refus de prêt doubler en 2020. Et, elles portent  notamment beaucoup d’attention à la situation professionnelle des emprunteurs. Ceux qui travaillent dans les secteurs les plus impactés par la crise (comme la restauration, le tourisme ou l’évènementiel) ont beaucoup de mal à décrocher leur prêt.  

Est-ce que les prix peuvent baisser en 2021 ? 

Tant que les taux seront bas comme ils le sont actuellement, il y aura une forte volonté d’acheter. Et tant qu’il y aura de la demande, les prix se maintiendront. Ceci dit, les difficultés économiques peuvent entraîner des baisses dans certaines villes. Et en plus, il va évidemment y avoir des différences entre les villes et les types de bien. En ce moment, on a vu que les maisons avec jardin sont très prisées.   (*source : L’immobilier résidentiel en France - Conjoncture et perspectives du marché à horizon 2022) 

De Particulier à Particulier.
De Particulier à Particulier. (PAP.FR)

Façade d\'un immeuble \"haussmanien\" à Paris. 
Façade d'un immeuble "haussmanien" à Paris.  (GETTY IMAGES)