Écoles : quand Omicron s'ajoute au programme

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Soupçonnés de transmettre plus facilement le Covid, et finalement pas tant que ça, contraints de porter un masque en classe, puis dans la cour de récréation, sans parler des tests à répétition et des cours à distance depuis le début de la pandémie, les enfants en voient de toutes les couleurs et les parents sont à bout. 

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Radio France
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19 janvier 2022. Centre de dépistage du Covid-19 de Montaigu en Vendée, avec des tests PCR et antigéniques réalisés par des volontaires avec des plaquettes d'autotest. Le nombre de cas positifs sur les enfants est important à cause du variant Omicron . (FRANCK DUBRAY / MAXPPP)

Des enseignants malades, des enfants contaminés, des écoles qui ferment, des protocoles sanitaires qui changent sans arrêt, des tests à faire, des queues interminables devant les pharmacies, et des parents que cette cinquième vague met, plus que jamais, à rude épreuve. Comment peuvent-ils ensemble traverser cette épreuve ? Le décryptage de la psychanalyste Claude Halmos

franceinfo : Comment les enfants vivent-ils tout cela ? Et comment leurs parents peuvent-ils les aider ? 

Claude Halmos : Les enfants vivent dans deux mondes : leur famille et leur école ; et l’un compense souvent l’autre : quand ça va mal à l’école, leur famille les réconforte et, quand elle tangue, la stabilité de l‘école les rassure. 

Or actuellement la tempête souffle sur les deux mondes : les parents sont, comme l’école, déstabilisés par les mesures sanitaires. Ils doivent bouleverser leurs emplois du temps, supporter des queues interminables, faire eux-mêmes des tests à leurs enfants (ce qui angoisse certains). Et surtout découvrir que leurs enfants ne sont pas aussi à l’abri du virus qu’ils pouvaient le croire. Ce qui ne peut être, pour tous, que très angoissant. 

Comment les enfants vivent-ils tout cela ?   

Ils sont traversés par les angoisses qu’ils sentent autour d’eux, à l’école et en famille ; et malmenés par les changements dans leur quotidien, qui les insécurisent et leur donnent l’idée d’une instabilité du monde, et d’une incapacité des adultes à y faire vraiment face. Certains, surtout les petits, ressentent les tests, qui obligent à pénétrer leurs narines, comme une agression ; et leur répétition comme la preuve de l’existence autour d’eux, d’un danger grave.  

Et puis il y a ceux dont les parents, qui n’en peuvent plus, finissent par dire à l’école qu’ils ont fait un test, alors qu’ils ne l’ont pas fait. Qui sont déstabilisés de les voir mentir à propos d’une chose aussi importante, et qui se retrouvent pris en otage entre l’école et eux : s’ils disent la vérité à l’école ils les trahissent. Et, s’ils ne la disent pas, ils trahissent la confiance que l’école leur fait.

Comment les parents peuvent-ils aider leurs enfants ? 

Les enfants ont plus que jamais besoin, pour que leur imagination ne la transforme pas en film d’horreur, que leurs parents leur expliquent la situation. Ils ont besoin de connaître la contagiosité du virus, mais de savoir aussi que, s’il est dangereux, il n’est pas tout-puissant pour autant, et que les tests sont une arme contre lui : ils l’empêchent de se cacher. 

Ils ont besoin, pour ne pas se sentir coupables, de savoir qu’ils ne sont pas responsables de tout ce que leurs parents doivent faire pour eux, en ce moment : ce n’est pas leur faute, mais celle du virus. 

Et il est important que les parents ne leur cachent pas leurs angoisses mais au contraire, pour les dédramatiser, leur en parlent, simplement : oui, on a peur de ne pas pouvoir aller travailler, de lui faire mal en faisant le test, etc.. Mais ce n’est pas grave, et on va y arriver. 

En fait les enfants ont besoin de points d’appui qui leur permettent de retrouver, malgré le bazar ambiant, un sentiment de sécurité. Et leurs parents peuvent les leur donner. 

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