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C'est comment ailleurs ? Les émissions politiques en Espagne

Alors que l’Emission politique de France 2 avec Emmanuel Macron a réalisé hier sa meilleure audience hier, franceinfo s’intéresse aux émissions politiques très populaires en Espagne  

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Les quatre grands leaders politiques espagnols avant le débat télévisé en vue des élections législatives de décembre 2015 sur la Chaine Antena 3
Les quatre grands leaders politiques espagnols avant le débat télévisé en vue des élections législatives de décembre 2015 sur la Chaine Antena 3 (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)

Le temps d'antenne consacré aux émissions politiques est spectaculaire en Espagne. De plus, les Espagnols ont voté pour deux élections législatives en l'espace de seulement six mois, entre décembre 2015 et en juin 2016. Cela a fourni une bonne matière première pour les shows-télé.

La fièvre du samedi soir

Les émissions politiques peuvent durer très longtemps en Espagne. Jusqu’à cinq heures, le samedi soir sur La Sexta (la chaine six), privée et généraliste. Toutes les semaines, à une heure de très grande écoute, les hommes politiques se retrouvent dans une émission que l'on pourrait qualifier de divertissement.

Ils sont séparés en deux camps, face à face, avec les journalistes comme arbitres. Tout ce beau monde débat de l'actualité en général et de la politique en particulier en n'oubliant pas de s'invectiver, dans un spectacle grand public.  Ces émissions, on les appelle les "tertulias" et les participants, les "Tertulianos".

Les "tertulias" sont partout

Ce genre d'émissions s'est largement développé sur toutes les chaines. Du matin jusqu'au soir très tard, il y a des "tertulias" sur les grandes chaines espagnoles, Antena 3, Cuatro, Telecinco, La Sexta et sur certaines chaines régionales.

La première émission de ce type est apparue il y a une dizaine d'années sur une chaine conservatrice, alors que la gauche était au pouvoir. La droite a alors envahi les plateaux pour y trouver de la visibilité.

Pour les chaines, les "tertulias" sont pratiques car elles ne coûtent pas cher à fabriquer. Ces émissions de plateau nécessitent juste des caméras, des invités, des journalistes et du public.  

Machines à notoriété

Pour exister, il faut y aller. Par exemple, le leader de Podemos, Pablo Iglesias, a commencé par être un "Tertuliano". Ses nombreux passages télé lui ont permis de se faire connaitre du grand public avec sa désormais célèbre queue de cheval.

Innovations

Mais les émissions politique ont dû innover pour continuer de faire de l'audience, en tentant de sortir de l'entre-soi des débats politiciens/journalistes.

Dans un premier temps, en 2015, La Sexta a d'abord lancé une séquence appelée "la rue pose des questions", avec des espagnols qui interrogeaient des hommes politiques en studio. Certains de ces citoyens revenaient d'une semaine sur l'autre et pouvaient devenir des mini-vedettes télé aux cotés des journalistes.

Des questions depuis son canapé

Ensuite, la télé est encore allée un peu plus loin. La Sexta a lancé en 2016 "la question de la famille", avec six familles en direct et en duplex qui interpellent les hommes politiques depuis leur canapé, chez eux. Les téléspectateurs voient leurs intérieurs, leurs chats, leurs chiens, la manière dont les familles  sont habillés, dont elles se tiennent sur leur canapé. Et ça marche puisque ces émissions font beaucoup d'audience.

Les quatre grands leaders politiques espagnols avant le débat télévisé en vue des élections législatives de décembre 2015 sur la Chaine Antena 3
Les quatre grands leaders politiques espagnols avant le débat télévisé en vue des élections législatives de décembre 2015 sur la Chaine Antena 3 (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)