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C'est comment ailleurs ? Les conflits entre Aibnb, Barcelone et Amsterdam

Alors que Paris fait pression sur Airbnb et ses locations illégales, franceinfo s’intéresse à Barcelone et Amsterdam, jadis en conflit avec la plateforme    

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La page d\'accueil du site Aibnb 
La page d'accueil du site Aibnb  (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Si la ville de Paris lutte contre les abus de la location saisonnière via Airbnb, l'arrivée de cette plateforme a bouleversé la vie des habitants des centres-villes d'Amsterdam et de Barcelone. Les deux villes ont pris des mesures pour lutter contre les effets pervers de ce type de location.     

Le centre de Barcelone se vide

La ville espagnole peuplée de 1,6 million d’habitants accueille chaque année 30 millions de visiteurs. Le développement d'Airbnb a vidé la vieille ville gothique, le Gotico. La population y est passée de 27 000 habitants en 2006 à 15.000 en 2015. Les deux tiers des habitants sont maintenant "flottants", c'est à dire qu'ils louent de manière très temporaire.  

Les "vrais" habitants, eux, fuient car la spéculation sur les appartements destinés à la location saisonnière fait monter le prix des locations. Ils fuitent aussi à cause des nuisances touristiques et la disparition de leur vie de quartier.   

     Reaction municipale 

La maire de Barcelone, ancienne militante du droit au logement, est particulièrement concernée. En 2016, la municipalité a imposé une amende de 600 000 euros à Airbnb et au site Homeaway. Et en 2017, elle a menacé infliger une autre amende si Airbnb ne retirait pas ses annonces sans licence municipale.   Les deux camps se sont finalement mis d'accord et la ville de Barcelone va fournir à Airbnb les listes de logements à retirer du site. La municipalité a aussi interdit l'ouverture de nouveaux logements touristiques dans le centre et elle a multiplié les contrôles.  

Amsterdam et le business d’Airbnb  

Dans la célèbre ville néerlandaise, il n'y a que 830 000 habitants et 17 millions de visiteurs par an. L'affluence des touristes a fait monter le prix des logements et a multiplié les nuisances et le bruit pour les habitants.  

Le phénomène Airbnb est massif. Ainsi, la banque ING a calculé que les propriétaires qui louent des appartements de manière saisonnière encaissent chaque mois 350 euros de revenus supplémentaire.  

Pas plus de deux mois de location par an    

L’action de la municipalité s’est focalisée sur l’encadrement de la durée de location saisonnière, une des plus courtes au monde puisqu'il n'est pas possible de louer plus de 60 jours par an. A Paris, c'est 120 jours, c'est à dire quatre mois !  

Mais quand les propriétaires grugent malgré les règles, ça peut faire très mal. En février 2017, la municipalité d'Amsterdam a infligé une amende de près de 300 000 euros à un propriétaire qui louait onze appartements illégalement dans la même rue du centre-ville. Ce sont les voisins excédés par le bruit qui ont appelé la mairie.

La page d\'accueil du site Aibnb 
La page d'accueil du site Aibnb  (JOHN MACDOUGALL / AFP)