C'est comment ailleurs ? , France info

C'est comment ailleurs ? Le contrôle très strict des chômeurs en Grande-Bretagne

Alors que le gouvernement veut renforcer le contrôle des chômeurs, franceinfo s’intéresse au système britannique particulièrement sévère

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
La panneau d\'un Jobcentre dans l\'est de Londres 
La panneau d'un Jobcentre dans l'est de Londres  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Si les partenaires sociaux débattent avec le gouvernement du contrôle renforcé des chômeurs, en Grande-Bretagne le régime atteint de sommets de fermeté qui dépassent de très loin l’exemple danois régulièrement cité en France.

Engagement du chômeur  

On peut parler de "tolérance zéro" vis-à-vis des demandeurs d'emploi. Le réalisateur Ken Loach en a même fait un film, "Moi, Daniel Blake", Palme d'or à Cannes en 2016.

Quand ils tombent au chômage, les Britanniques doivent se rendre dans une agence du Pôle emploi local qui s'appelle le "Jobcentre Plus". Là, ils ont un entretien et signent un formulaire sur lequel ils s'engagent à chercher un emploi et affirment qu'ils sont prêts à travailler. Si les engagements ne sont pas tenus, le versement de l'allocation chômage s'arrête.    

Haute surveillance

Ensuite, un système de surveillance très strict se met en place. Pour commencer, toutes les deux semaines, le chômeur doit venir au "Jobcentre Plus" pour y rencontrer un conseiller et faire le point sur ses recherches.   

Ensuite il doit répondre immédiatement aux autres convocations sous peine de perdre son allocation, sachant qu’un simple retard de dix minutes peut entrainer la suppression de cette allocation.  

Les "35 heures" 

Et puis, on pourrait presque dire que les chômeurs britanniques sont "aux 35 heures" car le système les oblige à passer 35 heures par semaine à chercher un travail sur un site internet officiel. Toutes les connections sont enregistrées et visibles par les services du chômage. Si le chômeur n'atteint pas les 35 heures de recherches, il peut là-encore perdre son allocation.   

Pas de fraude et pas de choix dans le job  

Comme si ça ne suffisait pas, des agents assermentés traquent les fraudeurs qui risquent jusqu'à 7 000 euros d'amende et la  suspension de leurs droits. Ceux qui partent en vacances et qui mettent leurs photos sur Facebook prennent de gros risques d’être débusqués par les chasseurs de fraude.

Enfin, les chômeurs britanniques doivent accepter n'importe  quel job proposé par le Jobcentre. S'ils refusent, ils perdent l'allocation.  

Allocation très maigre  

On le comprend, tout est fait pour que les chômeurs le restent le moins longtemps possible et qu’ils retrouvent vite le chemin de l’emploi, d’autant que l’allocation ne se monte qu’à 350 euros par mois, que ce soit pour un ancien trader à la City ou un ex-gardien de stade à Manchester. Et, surtout, elle disparait au bout de six mois, quand la France offre, elle, une indemnisation de deux ans à ces demandeurs d’emploi et même trois ans pour le plus de 55 ans.     

La panneau d\'un Jobcentre dans l\'est de Londres 
La panneau d'un Jobcentre dans l'est de Londres  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)