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C'est comment ailleurs ? La privatisation du rail en Grande-Bretagne et au Japon

Alors que le patron de la SNCF écarte toute privatisation, franceinfo s’intéresse à celles réalisées en Grande-Bretagne et au Japon

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. (JOEL SAGET / AFP)

Si le PDG de la SNCF Guillaume Pepy repousse sur franceinfo l'idée d'une privatisation des chemins de fer français, la Grande-Bretagne et le Japon ont franchi le pas avec des résultats inégaux. 

Grande-Bretagne, le repoussoir

La privatisation, à l'initiative des conservateurs, date de 1994. Aujourd'hui, il y a une vingtaine de sociétés privées pour faire circuler les trains. La maintenance est assurée une société publique-privée.  

Ce fractionnement du réseau n’a pas amené de rationalisation, bien au contraire. Les investissements ont été insuffisants pendant des années. On cite souvent le terrible accident de Hatfield près de Londres en l'an 2000 causé par le mauvais état des rails.  

Moins dramatique, mais tout aussi révélateur du manque d'investissement, il n'existe pas de ligne à grande vitesse en Grande-Bretagne,  sauf pour l'Eurostar entre Londres et le tunnel sous la Manche.    

Pas satisfaisant pour les usagers    

Côté prix, ça fait mal. D’après une étude publiée par le Financial Times, les billets sont 30% plus chers qu'en France. Le cout de fonctionnement du réseau du chemin de fer britannique est 40% plus élevé que celui du reste de l'Europe. Et l'Etat britannique, donc le contribuable, est obligé de subventionner le train privé.  

Le service est souvent défaillant. Près du quart des gens qui se déplacent quotidiennement en train pour aller travailler sont debout. Le pire, c'est la compagnie Southern Railways dans le sud du pays avec 80% de retards et des trains annulés à la dernière minute. Récemment, un sondage révélait que 58% des Britanniques souhaiteraient une renationalisation.        

Japon    

Dans ce pays, la privatisation date de 1987. La société nationale est scindée en sept compagnies, par zones géographiques. La privatisation a été décidée en raison du surendettement le la compagnie nationale plombée par le développement du train à grande vitesse, le Shinkansen.  

Inégalités    

Côté positif, le train japonais n'est quasiment jamais en retard. Le niveau de service est resté élevé dans les sociétés privées de chemin de fer, les gares se sont modernisées et accueillent parfois des centre commerciaux.  

Mais les sept compagnies ne sont pas logées à la même enseigne. Celle qui desservent des zones très urbanisées comme Tokyo, Nagoya, Kyoto ou Osaka, vont bien. En revanche, les compagnies qui desservent l'ile d'Hokkaido au nord et les régions au sud de l'archipel sont en difficulté financière, car ces zônes sont éloignées des centres économiques avec une population vieillissante.  

Pour s'en sortir, une de ces compagnies, celle de l'île de Kyushu au sud-ouest du Japon, s'est diversifiée, notamment dans des trains à thème pour touristes afin de faire découvrir ce territoire.

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. (JOEL SAGET / AFP)