Japon : les relations troubles entre le parti de Shinzo Abe et la secte Moon ressurgissent

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Si des milliers de Japonais ont souhaité rendre un dernier hommage à leur ancien Premier ministre assassiné Shinzo Abe, cette cérémonie de funérailles nationales à Tokyo, qui se tenaient le mardi 27 septembre 2022, restent toutefois très controversées dans le pays.

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Radio France
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Des membres du centre d'information et d'étude du Japon organisent une veillée aux chandelles pour rendre hommage à feu l'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 9juillet 2022. (SAM PANTHAKY / AFP)

La polémique malgré l'hommage. 60% des habitants interrogés ne soutiennent pas la cérémonie. L’image de l'ancien Premier ministre assassiné Shinzo Abe à l’intérieur du pays est en effet beaucoup plus contrastée que celle diplomatique. Une grande partie de l’opinion publique dénonçait le caractère très conservateur de ses politiques.

>> Au Japon, les funérailles nationales de Shinzo Abe ont du mal à passer

Et l’agacement de la population vise aussi l’actuel gouvernement de Fumio Kishida, qui vient du même parti de droite que Shinzo Abe, le Parti libéral démocrate. Les gens lui reprochent d’avoir décidé presque tout seul, sans aucun débat, d’organiser ces grandes funérailles nationales. Ils moquent aussi le coût de l’événement. Tokyo parle de plus de 11 millions d’euros de dépenses pour quelques minutes de cérémonie.

Des liens troubles avec la secte Moon

Et ce mécontentement pourrait durer au-delà des funérailles, car la population ne digère pas non plus les révélations qui ont suivi l’enquête sur l’assassinat d’Abe. 
Lors des interrogatoires, l’assassin présumé a expliqué qu’il voulait se venger de l’Eglise de l’Unification, qu’on connaît aussi sous le nom de secte Moon parce que sa mère avait ruiné sa famille en dons à la secte. Et il a expliqué que la secte avait pu prospérer au Japon grâce à ses liens avec le parti de Shinzo Abe. Et les enquêtes ont montré que c’était vrai.

C’est à dire que le pouvoir japonais a fait preuve de beaucoup de tolérance à l’égard de la secte qui défend les mêmes valeurs conservatrices. En échange de cette tolérance, elle donnait un coup de main à des élus du parti au pouvoir lors des campagnes électorales. C’était des fidèles qui venaient coller des affiches, faire la claque dans des meetings ou qui votaient en masse en faveur d’un candidat jugé en ligne avec la secte. Le PLD vient de reconnaître que la moitié de ses parlementaires actuels entretenaient des liens plus ou moins forts avec la secte. Et ça la population va mettre du temps à le digérer.

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