BD bande dessinée, France info

Vautrin vu par la BD

Jean Vautrin, prix Goncourt 1989, va voir ses romans noirs des années 70 et 80 adaptés en bande dessinée. Baru tire le premier avec "Canicule". Tardi, Moynot, Pourquié suivront.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(©)

Cela se présente ainsi : Vautrin vu
par... Ce n'est pas encore une collection mais déjà une promesse.
La BD,
l'écrivain Jean Vautrin connaît. Avant de passer au roman (lui aussi), Jean
Teulé, qui pratiquait il y a une trentaine d'années la bande dessinée
expérimentale, avait  transposé en images
l'un des premiers Vautrin : Bloody
Mary
. Et Tardi, de son côté, a magnifié Le
Cri du peuple
, la grande fresque de la Commune signée Vautrin.

V autrin en BD, c'est reparti et l'idée
en revient à Baru, Grand prix d'Angoulême 2010 et lorrain comme Vautrin.
Baru adapte
un roman noir cuvée 1982 : Canicule .
Sous le soleil brûlant de la Beauce, un truand tente d'échapper à ses complices,
qu'il a dupés. Il croit trouver refuge en se cachant dans une ferme, et tombe
en enfer.

Baru s'empare du texte comme il l'avait
déjà fait de celui d'un autre lorrain: Pierre Pelot et son Pauvre Zhéros ...avec énergie, avec rage
même, pour brosser le portrait d'une poignée de salauds. Personne n'en
réchappe. Pas même les enfants, tout sauf innocents.

Vautrin, Pelot, Baru : une affaire de
style. Comme chez les américains Dennis Lehane, James lee Burke ou George
Pelecanos, les personnages se définissent par leurs actes.

Baru a aussi choisi Canicule parce que, comme il dit, "la cambrousse, (il) n'a jamais fait".
D'origine ouvrière, il était spécialisé dans les décors urbains et les hauts-fourneaux.
Le voilà qui cavale dans les blés, jusqu'au cliché. Nerfs tendus, écrasé de
chaleur. Un roman noir en pleine lumière. Dans ses recherches de couleurs, Baru
revendique des pages très blanches, jusqu'à l'incandescence.

Canicule , aux éditions
Casterman. Devraient suivre un " Vautrin vu par Tardi " : Groom (pas tout de suite, car Tardi
retravaille d'abord sur la guerre de 14-18), mais aussi un " Vautrin vu
par Moynot ", au boulot sur  L'Homme qui assassinait sa vie . A
paraître en septembre. Et ce n'est pas fini.

Tous les 15 jours, Jean-Christophe Ogier accueille ici la
chronique "Info manga" de Lætitia de Germon de la rédaction de
franceinfo.fr. Pour vous guider parmi les nombreuses parutions, Lætitia
vous
livre sa sélection et ses coups de cœur.

Pil , de Mari Yamazaki, chez Casterman

Début des années 1980, au Japon. En l'absence de sa mère,
Nanami, une adolescente très énergique, vit seule dans la maison familiale avec
son grand-père Tokushirô. Sa profonde affection pour ce vieil homme excentrique
et original n'empêche pas les conflits. La jeune fille a du mal à se fondre
dans le moule et se fascine pour la culture britannique et plus
particulièrement pour le groupe punk P.I.L.

Dans ce manga inspiré de sa propre vie, on retrouve avec
plaisir les traits expressifs de Mari Yamazaki (Thermae Romae ). La mangaka
aborde avec humour le choc des générations et les références à des groupes punk ne manquent pas : Buzzcocks,
Stranglers ou PIL (Public Image Limited), le groupe préféré de Nanami.

Les mots de Bouddha , par Variety Artworks (dessin), chez
Soleil

Ce manga aborde avec une grande simplicité les origines et
les préceptes du bouddhisme. Tout en expliquant comment dans notre vie moderne
ces concepts peuvent toujours nous aider à vivre en paix.

Réalisé par Variety Artworks, ce manga permettra à ceux que
cela intéresse de découvrir les grands principes du bouddhisme et la vie de
Siddharta Gautama alias Bouddha. Butsugaku, moine enseignant bouddhiste, vous
accompagnera tout au long de cette adaptation simple et pédagogique. A noter,
un résumé des enseignements de Bouddha et des grands principes du bouddhisme en
fin de volume.

Kamakura Diary , d'Akimi Yoshida, chez Kana

Trois sœurs : Sachi, Yoshino et Chika, vivent à
Kamakura, ville balnéaire proche de Tokyo. La mort de leur père, qu'elles n'avaient
pas revu depuis le divorce de leurs parents quinze ans auparavant, va changer
leur vie. En se rendant aux funérailles, elles rencontrent Suzu, leur demi-sœur
issue d'un autre mariage.

Un josei où l'on découvre chacune des sœurs un peu mieux à
chaque chapitre. Akimi Yoshida (Banana Fish ) donne une grande diversité
d'expressions aux personnages qui sont à la fois drôles et attachants. La
mangaka aborde avec finesse les thèmes de la mort, de la maladie ou des liens
familiaux.

A lire également :

Arago, Vol 4, de Takahiro Arai, chez Pika

Astorboy, la légende du chevalier Azur, d'Akira Himekawa, chez Soleil

Barakamon , Vol 4, de Satsuki Yoshino, chez Ki-oon

I am a hero , Vol 7, de Kengo Hanazawa, chez Kana

(©)