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Une BD sur un air de ragtime

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Les éditions Sarbacane ont 10 ans. Nouveauté remarquable de leur catalogue Bande dessinée, "Blackface Banjo" de Frantz Duchazeau est un album social, rythmé et burlesque !
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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On
a failli se tromper... A voir ce petit bonhomme noir à la jambe de bois gratter
frénétiquement son banjo, on allait vous parler de blues.
Rapport aux
précédents albums de Frantz Duchazeau : Le rêve de Météor Slim et
Lomax . Grossière erreur ! Blackface Banjo joue du ragtime. Ça
s'entend pourtant. Il n'y a qu'à bien regarder les pages et les images qui
s'animent comme un vieil extrait d' "histoires sans paroles".

En deux tourbillons et trois
culbutes, Duchazeau nous entraîne une nouvelle fois sur sa terre de
prédilection : l'Amérique des pauvres du XIXe siècle.
Duchazeau
ne manque pas de montrer les noirs se faisant lyncher, les indiens laissés pour
compte et les petits blancs à peine mieux lotis. Mais Blackface
Banjo, aussi noir que burlesque, est une pile électrique à la volonté de vivre
chevillée au corps. Blackface Banjo, c'est
aussi l'histoire des minstrels shows dans lesquels, de ville en ville, des
acteurs blancs se grimaient pour se moquer de la population noire, et l'évocation
des medecine shows qui servaient à vendre aux gogos des élixirs et de la poudre de perlimpinpin. 

Duchazeau dessine au pinceau. Devant ces
planches, on pense autant aux comics strips de l'Américain Herriman, le créateur
de Krazy Kat , qu'aux spectacles musicaux déjantés des Frères Jacques.  

Blackface Banjo , de Frantz
Duchazeau, aux éditions Sarbacane.

Chez
cet éditeur, l'autre nouveauté remarquable a pour titre Les pieds dans le béton . C'est l'histoire d'une amitié à la vie à la mort
construite sur les fêlures de l'enfance. On y suit de Bruxelles à Berlin, un parcours et
des retrouvailles punks. Avec - no future ! - la mer du Nord pour dernier
terrain vague. Le scénariste belge Nicolas Wouters et le dessinateur allemand
Mikaël Ross n'ont pas tout à fait 30 ans. Les éditions Sarbacane, elles, fêtent ce
mois-ci leurs 10 ans.

A
noter, samedi et dimanche prochain, les 18èmes rendez-vous de la Bande Dessinée
d'Amiens
. 85 auteurs y sont attendus, parmi lesquels Matthieu Bonhomme qui
signe l'affiche et dont le personnage Esteban
a droit à une belle exposition, François
Boucq, Kris, Catherine Meurisse, Daniel Goosens - lui aussi a droit à son expo -,
tout comme Patrice Pellerin, l'auteur de L'Epervier .

Tous les 15 jours, Jean-Christophe Ogier accueille ici la
chronique "Info manga" de Lætitia de Germon de la rédaction de
franceinfo.fr. Pour vous guider parmi les nombreuses parutions, Lætitia
vous
livre sa sélection et ses coups de cœur.

Les pieds bandés , de
Li Kunwu, chez Kana

Ce récit raconte comment une jeune fille, Chun Xiou, est
forcée de se bander les pieds suivant la tradition, et la torture que cela
représente. Mais son calvaire ne s'arrête pas là, car avec la révolution et la
fin de la dynastie Qing, elle va devoir supporter la pression d'une nouvelle
société qui rejette toutes ses anciennes coutumes.

Li Kunwy rend hommage à sa nourrice qui lui racontait les
légendes chinoises d'antan et sa propre histoire. Un très beau témoignage,
touchant et sombre à la fois, sur ce qu'ont dû endurer des millions de jeunes
chinoises et sur les coutumes éprouvantes de la société du XXe siècle.

Nuits de noces , de Kim
Dong-hwa, chez Casterman

Bunnae est une jeune mariée, tout juste sortie de l'enfance,
sur le point de se donner à un mari aimant mais maladroit. À la façon d'un
documentaire sur les traditions populaires, on y retrouve tout le folklore et
la poésie des mariages d'antan, manière pour le dessinateur d'exprimer sa
nostalgie d'une Corée champêtre et insouciante aujourd'hui presque disparue,
mais aussi, sans détour et sans fausse pudeur, l'évocation d'un éveil à la
sensualité.

Kim Dong-hwa  a
conçu spécialement pour Casterman cet album au format d'une bande dessinée
franco-belge. Des dessins en couleurs, sobres et des personnages aux traits
fins dont les émotions passent facilement. Cette œuvre poétique et tout en
délicatesse nous plonge dans les noces d'antan de la Corée campagnarde.

Pepita , de Takehiko
Inoue, chez Kazé

Takehiko Inoue, (Slam Dunk, Real, Vagabond) est passionné
par l'art sous toutes ses formes. En 2001, il est parti sur les traces de
l'architecte et sculpteur catalan Antonio Gaudí. Accompagné d'un caméraman, il
arpente Barcelone à la recherche de tout ce qui a contribué à  la
construction de cette esthétique unique.

Un livre grand format où sont regroupés les impressions du
mangaka, le récit de ses rencontres, les dessins qu'il a effectué durant son
voyage et ses photographies. Takehiko Inoue jette un regard nouveau sur l'œuvre
de Gaudí, et dessine avec la même virtuosité les plantes de la ville, les
gestes centenaires des artisans, et les créations de l'artiste lui même.
L'ouvrage est accompagné d'un DVD retraçant le parcours de l'artiste en Espagne.

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