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Les expériences de la rentrée BD

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"La Grande Odalisque", "Les Enfants pâles", "Tokyo": signée Ruppert-Mulot-Vivès, Dupuy-Phang ou Joann Sfar, la bande dessinée cherche de nouvelles pistes pour émouvoir les lecteurs.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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La
première surprise de la rentrée BD  a
pour titre La Grande Odalisque. L'album
se présente comme un thriller qui met en scène trois filles qui n'ont pas froid
aux yeux. Il y est question de vols de tableaux, de poursuites à moto, de
violence et d'amour. Et l'histoire est librement inspirée d'une série animée
pour jeunes ados des années 80 : Cat's eye.

Mais
quand on regarde le nom des auteurs, on se dit qu'il y a anguille sous roche.
Fers de lance d'une bande dessinée underground âpre et radicale, Ruppert et
Mulot se sont associés pour l'occasion à Bastien Vives, le dessinateur à la
modernité séductrice. Résultat : Rien ici n'est classique. Ni les
mouvements distendus de case en case, ni les silences assourdissants d'une
bande son qui a banni les onomatopées. Ni enfin le trait si fin qu'il tend à
l'effacement. C'est pour mieux se concentrer sur le sens nous disent les
garçons.

La Grande Odalisque ,
Rupert-Mulot-Vives, aux éditions Dupuis.

Le
second ovni a pour titre Les Enfants
pâles.
C'est un conte cruel qui raconte l'errance d'un groupe d'enfants
chassés de la ville par la famine et la mort.

Le
texte littéraire et les dessins doux, décharnés et désespérés se côtoient, se
complètent, et se rejoignent régulièrement pour des moments de bande dessinée. Le
procédé de ce roman graphique hybride n'est pas nouveau, mais il reste peu usité.

Signé
par le dessinateur Philippe Dupuy, arraché au duo Dupuy-Berberian pour cette
échappée triste et belle avec l'écrivaine et scénariste Loo Hui Phang, Les Enfants pâles est un livre-objet
pour temps de crise, destiné, nous dit-on, aux adultes. On soupçonne qu'il
rencontrerait néanmoins un écho concerné chez les adolescents qui le liraient
sans préjugés.

Les Enfants
pâles
,** aux éditions Futuropolis.

Enfin,
la troisième expérience sensorielle de la rentrée BD, c'est Tokyo de Joann Sfar. Le dessin
chaotique, le récit cauchemardesque, les réflexions sur la BD ou le sexe sur
Internet tiennent autant des tentatives psychédéliques des années 70 que du cinéma
déstructuré de Quentin Tarantino. Sfar a embauché deux actrices en tenue cuir
et dessous chic pour des incrustations de roman-photo grimaçantes. Résultat,
sur la couverture à tête de mort, ce sticker : pour lecteurs
avertis !

Tokyo, Joann Sfar aux
éditions Dargaud.

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