BD, bande dessinée. Un été en séries : Spirou et Fantasio

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Tout l'été, "BD, Bande dessinée" scanne les séries BD, qui font l'ADN du médium. Et commence par "Spirou", le groom de l'hôtel Moustic, né en 1938, et devenu aventurier après-guerre.

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A CHACUN SON SPIROU (CHRISTIAN DURIEUX, DUPUIS / EMILE BRAVO, DUPUIS / EMILE BRAVO, DUPUIS / EMILE BRAVO, DUPUIS /)

83 ans après sa naissance, Spirou, le petit groom bruxellois, reste l’un des héros les plus populaires de la bande dessinée franco-belge.

Tout le monde connaît sa tête...

...qui a pourtant bien changé au fil des années – et son costume – dont il a du mal à se débarrasser. Depuis sa création en 1938, Spirou et son ami Fantasio se sont aventurés en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud (d’où ils ont ramené le Marsupilami). Spirou est célèbre, mais ses aventures classiques ne séduisent plus les jeunes lecteurs.

Depuis le début des années 2000, les duos de scénaristes et dessinateurs talentueux se succèdent, sans parvenir à redorer tout à fait les boutons de sa livrée rouge. La série est désormais dessinée par Olivier Schwartz sur des scénarios de Sophie Guerrive et Benjamin Abitan.

En revanche, les éditions Dupuis, propriétaires du personnage, ont réussi leur coup en proposant à ceux qui en avaient envie d’imaginer leur Spirou de manière un peu décalée. Cette année, Christian Durieux a signé un délicat Pacifique Palace.

Les deux héros, grooms dans un grand hôtel, sont affectés au service d’un tyran déchu, réfugié en France, lequel débarque avec sa maisonnée, ses gorilles et sa fille, dont Spirou va tomber raide amoureux. En vain. Trois jours et trois nuits, alors qu’il pleut dehors : un huis clos mélancolique.

La mélancolie est peut-être ce qui rend cette histoire de Spirou un peu plus adulte. Parce qu’il faut avoir déjà vécu un peu pour éprouver ce qui ne peut pas être, ce qui n’a pas été, ce qui ne sera jamais.

Christian Durieux

Dans ses couleurs bleu-nuit, Pacifique Palace peut aussi se lire comme un polar psychanalytique où les escaliers monumentaux et les portes dérobées mènent on ne sait où.

Que se passe-t-il dans la tête de Spirou ?

C’est aussi la question que se pose depuis plusieurs années Emile Bravo qui, en 2008, dans Le Journal d’un ingénu, se demandait pourquoi et comment le jeune groom des années 1930 était devenu après-guerre l’aventurier intrépide qu’on connaît. Eh bien, c’est la guerre, justement, qui nous l’a changé. La guerre et l’amour ! Spirou retrouvera-t-il la jeune juive polonaise qu’il a connue dans la Belgique occupée ? Rien n’est moins sûr. La quête sera longue. Emile Bravo termine en ce moment le 4e volume de L’Espoir malgré tout.

J’essaie de rendre Spirou très philosophe face à la mort et la brutalité. Si mon héros de BD doit montrer l’exemple, ce n’est pas dans la manière de se comporter pendant une guerre, mais dans la façon dont il faut tout faire pour que la guerre n’advienne pas.

Emile Bravo

Emile Bravo lâchera Spirou en 1945, quand commence la première histoire longue du personnage, Il y a un sorcier à Champignac, dessiné par Franquin.

Pacifique Palace, Christian Durieux, éd. Dupuis

Le Journal d’un ingénu et L’Espoir malgré tout, Emile Bravo, éd. Dupuis  

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