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Politique d'abord

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A première vue, comme qui dirait, "à toute chose malheur est bon". Et la grande crise de la finance mondiale ainsi que la grande trouille de perdre le saint Graal du "triple A" ont au moins le mérite de relancer le débat sur les rapports de force entre les pouvoirs politique et économique.
Article rédigé par
Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Un débat à la fois
vieux, pas si vieux que cela, et absolument d’actualité.

Vieux, car il a
passionné les élites intellectuelles au siècle dernier. D’un coté les
marxistes, pour qui la seule réalité tangible se trouve dans les contradictions
entre les forces productives et les rapports de production et qui opposent
l’infrastructure économique à la superstructure politique et culturelle,
forcément répressive et aliénante. De l’autre coté les maurrassiens, lointains
annonciateurs du gaullisme pour qui la solution passait par le "politique
d’abord",  slogan du petit Charles
(Charles Maurras) ou pour qui "la politique de la France ne se fait pas à
la corbeille"
, slogan du grand Charles, (Charles De Gaulle). 

Pas si vieux que ca,
ce débat puisqu’il y a 10 ans, le socialiste Jospin avait stupéfié les
héritiers de Blum et Jaurès en déclarant "l’état ne peut pas tout "
en plein scandale des licenciements boursiers chez Michelin.

Enfin, débat de
nouveau brulant d’actualité avec les chutes successives des gouvernements
grecs, italiens et espagnols, tous victimes de ce tueur en série qu’est devenu
le marché mondial de la finance. Faut-il en conclure que désormais le vrai
pouvoir est économique et que le politique est condamné à l’expédition des
affaires courantes? Rien n’est moins sûr. C’est à ceux qui nous gouvernent de
réguler, protéger, anticiper, reprendre la main. La crise de la mondialisation
impose de réinventer la politique. Ce n’est pas une question de sémantique mais
de survie.

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