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Santé, rémunération des internes en médecine, intérimaires... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France

Le maire de Reims, président de la Fédération hospitalière de France était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 29 avril 2023.

Article rédigé par franceinfo
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 17 min
Arnaud Robinet, maire de Reims, président de la FHF Fédération hospitalière de France, était l'invité du 8h30 franceinfo de Céline Asselot et Neila Latrous (FRANCEINFO)

Pour la santé, "nous demandons une véritable loi de programmation sur cinq ans à l'image de ce que l'on a fait pour la défense", a plaidé samedi 29 avril sur franceinfo Arnaud Robinet, maire Horizons de Reims, président de la Fédération hospitalière de France, une loi "qui donne des moyens et des objectifs", a-t-il poursuivi. Il trouve par ailleurs la grève des internes "légitime" et demande plus de moyens financiers, notamment pour les urgences. Voici ce qu'il faut retenir de son interview. Il répondait aux questions de Céline Asselot et Neila Latrous. 

Santé, une "véritable loi de programmation"

"La santé est gérée de façon urgente. Nous demandons une véritable loi de programmation sur cinq ans, à l'image de ce que l'on a fait pour la défense", a déclaré Arnaud Robinet, alors qu'en début d'année Emmanuel Macron annonçait qu'il voulait que le secteur de la santé sorte de la crise. "Il faut plus de moyens. Le secteur de la santé a besoin d'investissements pour l'hôpital public, de négociations avec la médecine libérale, liste-t-il. On aura un hôpital fort si on a une médecine de ville forte. Il faut accompagner les médecins de ville."

Arnaud Robinet dit avoir échangé sur le sujet avec François Braun, le ministre de la Santé, "et sur le fond, il n'est pas opposé" à une loi de programmation santé.

"Il faut que Bercy, l'Elysée, Matignon, soient d'accord, mais nous allons forcer vers cet objectif."

Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France

à franceinfo

Grève des internes, un mouvement "légitime"

Les internes demandent un meilleur encadrement de leur temps de travail et une meilleure rémunération. Ils ont fait grève ce vendredi. "Leur mouvement est tout à fait légitime", a réagi Arnaud Robinet.

Leur salaire " n'est pas normal. Ils ont un rôle essentiel dans le fonctionnement de nos hôpitaux. On voit dans quelles conditions ils travaillent aujourd'hui et parfois, il y a de la maltraitance, c'est une question de management et il faut y travailler." Les internes demandent une augmentation significative des salaires de 300 euros brut par mois. "Nous devons beaucoup aux internes qui vont au-delà des heures de travail légal", reconnaît le patron de la FHF. Avant d'avertir : "On demande plus aux agents hospitaliers, notamment, aux internes, et à un moment donné il va falloir mettre le holà, il en va de la sécurité sanitaire des patients, mais également de la santé de nos soignants."

Médecins intérimaires : "La loi Rist est une nécessité"

Le gouvernement a décidé d'appliquer strictement la loi encadrant les rémunérations des médecins intérimaires dans le secteur public, plafonnées à 1 390 euros bruts pour une garde de 24 heures. Les intérimaires, mécontents, ont dit qu'ils n'iraient plus exercer dans les hôpitaux. Pour le moment, "plus de la moitié de services fonctionnent normalement" malgré cet appel, a déclaré Arnaud Robinet.

"La loi Rist est une nécessité. L'intérim c'est quasi 2 milliards d'euros par an pour l'hôpital public. J'ai demandé à ce qu'on en reventile une partie pour revaloriser les gardes et les astreintes à l'hôpital public." Arnaud Robinet a mis en avant le fait que dans un même service il y a "des agents hospitaliers qui font preuve de fidélité à l'hôpital public depuis des années et qui ont, pendant 24h, dans la même équipe, un médecin qui est payé deux à trois fois plus qu'eux".

Désengorgement des urgences d'ici 2024

"Je dis chiche, allons-y, mettons les moyens", a répondu Arnaud Robinet à Emmanuel Macron qui a promis de " désengorger tous les services d'urgence" d'ici fin 2024. "Le nombre de patients aux urgences a augmenté de plus de 20% ces 10 dernières années. Il y a des expérimentations, notamment à travers ces SAS (service d'accès aux soins) qui ont montré une diminution de 20% des entrées aux urgences. On a la possibilité de le faire, donc chiche, allons-y."

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Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du samedi 29 avril 2023 :

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