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Démission de Gérard Collomb : François de Rugy regrette "la démarche personnelle" de l'ex-ministre

Le ministre de la Transition écologique a qualifié jeudi le départ du gouvernement de  Gérard Collomb de "péripéties personnelles". 

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Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, sur franceinfo le 4 octobre 2018.
Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, sur franceinfo le 4 octobre 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

"C'est dommage d'avoir fait primer un intérêt personnel", a réagi jeudi 4 octobre sur franceinfo, François de Rugy, après la démission du gouvernement de Gérard Collomb. "Après l'interview où il annonçait sa candidature [à la mairie de Lyon en 2020], je lui avais dit que je désapprouvais cette façon de faire", a ajouté le ministre de la Transition écologique et solidaire, évoquant des "péripéties personnelles".

"Les Français doivent trouver étrange qu'on commence à parler et organiser des municipales en septembre et octobre 2018 pour quelque chose qui a lieu dans plus d'un an et demi", a poursuivi François de Rugy. Le ministre estime qu'il "faut de la continuité dans l'action", précisant qu'il était "d'accord" avec Gérard Larcher, le président du Sénat, qui avait jugé hier sur franceinfo que "le service de l'État passe avant tout".

Appelé à préciser la piste qu'il envisage pour financer la rénovation des infrastructures de transport, François de Rugy a estimé que "quand on fait le tour des projets de transports, tout le monde en veut plus (..). Ensuite, quand il s'agit de financer, il n'y a plus personne". Le ministre de la Transition écologique et solidaire propose l'instauration d'une taxe pour les poids lourds, sous forme de "vignette". Elle concernerait "évidemment", a-t-il dit, les routiers français et étrangers précisant que "vous ne pouvez pas faire une discrimination entre différents camions de l'Union européenne". Le ministre s'est aussi fendu d'une pique envers le ministre de l'Économie, qui avait parlé sur franceinfo d'une "solution de facilité". "Même monsieur Le Maire est tout à fait d'accord pour qu'on fasse des infrastructures de transports, y compris en Normandie par exemple", faisant référence à la région d'origine de son collègue à Bercy. 

François de Rugy affirme vouloir instaurer plus d'équilibre entre les projets et les investissements dans le domaine des transports. "À un moment donné, on a fait des tas de promesses qui n'étaient pas financées. Nous avons décidé de mettre fin à cette irresponsabilité, a-t-il martelé. C'est une opération vérité que nous menons et nous allons le faire par la loi, c'est du jamais vu. Une loi qui programmera les infrastructures de transports et qui mettra en face les financements."

Par ailleurs, interrogé sur le dossier du nucléaire et le calendrier de la fermeture de la centrale de Fessenheim dans le Haut-Rhin et la mise en route du nouveau réacteur en cours de construction à Flamanville dans la Manche, François de Rugy a déclaré "envisager" la dissociation des deux opérations

Enfin, sur l'arrivée deux ourses slovènes en Béarn, à laquelle s'opposent des anti-ours, le ministre ne s'est pas avancé sur une date. Il a cependant confirmé un créneau "dans les quinze premiers jours d'octobre". François de Rugy a condamné les formes d'action prises sur le terrain par les opposants. "Je comprends les mécontentements, même la colère, mais ça ne justifie pas tout", a affirmé le ministre de la Transition écologique et solidaire.

"Nous continuerons, même quand il y aura des difficultés. Je ne me dérobe pas devant les difficultés ou devant les problèmes", a maintenu François de Rugy.

Regardez l'intégralité de l'intervention de François de Rugy sur franceinfo le 4 octobre 2018.

Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, sur franceinfo le 4 octobre 2018.
Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, sur franceinfo le 4 octobre 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)