Conflit en Ukraine, sanctions contre la Russie, accès à l'IVG en Europe… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laurence Boone

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La secrétaire d'Etat chargée de l'Europe était l'invitée du "8h30 franceinfo", mercredi 5 octobre 2022.

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Laurence Boone, secrétaire d'Etat chargée de l'Europe, sur franceinfo mercredi 5 octobre 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Laurence Boone, secrétaire d'Etat en charge de l'Europe était l'invité du 8h30 franceinfo ce mercredi 5 octobre 2022. Elle répondait aux questions de Salhia Brakhlia et Marc Fauvelle.

Guerre en Ukraine : "La prochaine urgence, c'est de former les troupes"

"Les Ukrainiens nous l'ont demandé : les armes sont sophistiquées, ils ont besoin qu'on forme les nouvelles troupes", a annoncé Laurence Boone au sujet du soutien des pays européens envers Kiev. Cette formation se déroulera dans les pays voisins de l'Ukraine, "comme la Pologne par exemple". Le sujet sera abordé lors du prochain Conseil des ministres des affaires étrangères à Bruxelles. "On espère avoir un accord le 17 octobre là-dessus", a-t-elle précisé.

Annexions par la Russie : "un 8e paquet de sanctions est en discussion"

Lors du prochain Conseil des ministres des Affaires étrangères, il sera également question d'un nouveau volet de sanctions. Le huitième depuis le début de la guerre, en février 2022. Un volet qui fait suite aux annexions de quatre régions ukrainiennes par Moscou, "pour punir les organisateurs de ces simulacres de référendums, punir les propagandistes, punir les nouveaux militaires".

Déserteurs russes : les visas "seront délivrés au cas par cas"

Face à la contre-offensive menée par Kiev à l'est de l'Ukraine, Vladimir Poutine a décidé de mobiliser les civils, poussant de nombreux Russes à fuir leur pays et rejoindre l'Union européenne. "Nous avons restreint les conditions d'accès aux visas. On détermine les visas au cas par cas, y compris en tenant compte des risques sécuritaires. Pour les dissidents nous allons faire la même chose", a souligné la secrétaire d'Etat en charge de l'Europe.

Crise énergétique : les stocks stratégiques européens remplis "très fortement"


"On assure l'approvisionnement, on a des stocks qui sont remplis très fortement : 80 %, 98% en France", assure Laurence Boone. Cependant, ces stocks ne suffiront pas pour lutter contre la hausse des prix. "On va demander de la solidarité à tout le monde. On va aller chercher les rentes de ceux qui produisent de l'électricité à bas coût et qui peuvent la revendre à coûts élevés pour financer tous les boucliers", a-t-elle complété. "Nous allons demander une contribution exceptionnelle aux entreprises énergétiques qui extraient des énergies fossiles et qui les raffinent", a-t-elle ajouté.

Au niveau européen, il est envisagé d'aider les pays les plus touchés par la hausse des prix de l'énergie grâce à l'emprunt pris durant la crise sanitaire. "Nous pouvons effectivement étudier une réallocation pour les pays qui ont beaucoup d'entreprises manufacturières, qui utilisent du gaz et à qui ça coute très cher. Sur les 750 milliards [d'euros] empruntés, il en reste à peu près 200 qui n'ont pas été affectés".

Répression en Iran : des sanctions "à venir"


Les Vingt-Sept préparent actuellement des sanctions contre des responsables iraniens, "contre toutes les personnes qui sont responsables de ces violences", confirme Laurence Boone. Les discussions sont en cours, mais elles devraient être similaires à celles appliquées contre les Russes, comme "le gel des avoirs ou encore l'interdiction de voyager dans l'UE".

Accès à l'IVG : "C'est terrible", cette loi votée en Hongrie

En Hongrie, une loi a été votée par le gouvernement de Viktor Orban imposant aux femmes d'écouter le cœur du fœtus avant de procéder à une interruption volontaire de grossesse. "C'est terrible, je ne connais pas de femme qui avorte de gaieté de cœur. Nous ne sommes pas là pour sanctionner ou pénaliser les femmes. L’IVG est un droit".

Mondial de football au Qatar : "Il faut une réflexion"

Plusieurs villes françaises ont annoncé boycotter la prochaine Coupe du monde de football, en raison du non-respect des droits humains au Qatar mais aussi des enjeux environnementaux. Si Laurence Boone ne répond pas à la question de la représentation diplomatique de la France lors de la compétition, elle admet "qu'il faut une réflexion". "On a des stades de football avec la climatisation, cela demande à beaucoup de personnes de prendre l'avion. Oui, il faut se demander si tout le monde doit y aller", a-t-elle avancé.

Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du mercredi 5 octobre 2022 :

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