Attaque au couteau à Paris : un assaillant radicalisé et traité pour des troubles psychiatriques, "un cocktail explosif très difficile à détecter et à arrêter"

Le porte-parole du Syndicat Indépendant des Commissaires de Police (SICP), était l'invité du "8h30 franceinfo", dimanche 3 décembre 2023.
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Matthieu Valet, porte-parole du Syndicat Indépendant des Commissaires de Police (SICP), était l'invité du "8h30 franceinfo", dimanche 3 décembre 2023. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Matthieu Valet, porte-parole du Syndicat Indépendant des Commissaires de Police (SICP), était l'invité du "8h30 franceinfo", dimanche 3 décembre 2023. Attaque au couteau à Paris, suivi des personnes fichées S, sécurité lors des JO de Paris 2024... Il répondait à Jean-Rémi Baudot et Agathe Lambret.

Attaque au couteau à Paris : l'assaillant radicalisé et traité pour des troubles psychiatriques, "un cocktail explosif très difficile à détecter et à arrêter"

"Une personne qui est radicalisée, avec des problèmes psychiatriques lourds, c'est un cocktail explosif très difficile à détecter et à arrêter pour les services de renseignement", déplore Matthieu Valet. Il évoque le profil du suspect arrêté sur les lieux de l'attaque au couteau à Paris, samedi soir près de la Tour Eiffel, qui a fait un mort et deux blessés. Cet homme, Armand Rajabpour-Miyandoab, est fiché S et a été condamné en 2016 pour la préparation d'une attaque. Il est également sous traitement pour des troubles psychiatriques très importants.

Matthieu Valet assure qu'il existe "des mesures" pour suivre ce genre de profils, mais que, "malheureusement, elles n'empêchent pas de passer à l'acte". Le suspect, après sa sortie de prison en 2020, était "dans un fichier qui permet l'obligation de pointer dans un commissariat, une gendarmerie", et "de montrer qu'il était bien sur le territoire national et qu'il suivait le contrôle auquel il était astreint", assure le commissaire. 

Suivi des personnes fichées S : l'an dernier, " 78 individus condamnés pour des infractions liées au terrorisme d'islamisme radical sont sortis de prison"

"Un suivi permanent" est appliqué à toutes les personnes qui sortent de prison après une condamnation pour des faits liés à des actes terroristes, ajoute Matthieu Valet, coordonné entre "l'administration pénitentiaire, le renseignement pénitentiaire, les services de renseignement intérieur, la sécurité intérieure, mais aussi les services du Parquet national antiterroriste, dont je rappelle qu'il y a seize magistrats spécialisés qui suivent ces personnes".

L'année dernière, "78 individus condamnés pour des infractions liées au terrorisme d'islamisme radical sont sortis de prison", précise le commissaire, et sont donc soumis à des mesures leur interdisant notamment "de côtoyer des lieux, des personnes", mais aussi les "obliger à rester à son domicile à certains moments ou à certains horaires". 

En France, précise Matthieu Valet, il y a "417 terroristes islamistes condamnés pour des faits soit de participation, soit de préparation, soit de commissions d'actes terroristes. Il y a également 550 détenus qui sont radicalisés de droit commun", c'est-à-dire arrêtés pour des faits de droit commun et dont la justice découvre ensuite leur radicalisation, détaille le commissaire. 

Au-delà du suivi de la part des services de renseignement, le porte-parole du SICP évoque la difficulté du suivi psychiatrique des profils comme celui du suspect. Il pointe du doigt le manque de moyens de la psychiatrie en France, "on n'a pas assez de lits, d'infirmiers, de médecins, de structures spécialisées dans notre pays pour accueillir toutes les personnes qui devraient être suivies avec un traitement et un suivi digne de ce nom".

Paris 2024 : "Un gros défi sécuritaire", après l'attaque au couteau mortelle à Paris

Les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 représentent "un gros défi sécuritaire", assure le porte-parole du Syndicat Indépendant des Commissaires de Police (SICP), au lendemain de l'attaque au couteau à Paris, près de la tour Eiffel. "Le risque zéro n'existe pas", reconnaît le commissaire, mais il assure que "ce sera une zone très sécurisée", où les "services de police et de gendarmerie seront mobilisés".

Le "challenge" pendant ces semaines d'évènement sera de "faire que la fête se passe bien, mais surtout que, si on a une personne qui va passer à l'acte, on puisse rapidement l'appréhender avant", grâce aux services de renseignements, explique Matthieu Valet, "et si ça n'a pas été le cas, de pouvoir l'intercepter, la neutraliser lorsqu'elle passe à l'acte sur des scènes qui vont être importantes". Le porte-parole du SICP souligne qu'il n'y a pas que Paris, mais aussi "toute l'Ile-de-France, et même Marseille, Lille et d'autres villes", qui vont accueillir des épreuves.

Pour autant, Matthieu Valet assure qu'"on a une capacité d'intervenir rapidement". "Il va y avoir des policiers, des gendarmes qui ne prendront pas de congés durant plusieurs semaines", ainsi que "des renforts qui viennent de province [...], des forces mobiles, les CRS et gendarmes mobiles, plus la sécurité privée, voire les militaires qui donneront tous leur concours pour permettre de faire de cet événement une belle réussite", insiste le commissaire. 

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Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du dimanche 3 décembre 2023 :

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