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1er-Mai, violences dans les manifestations, rencontre avec Élisabeth Borne... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laurent Berger

Le secrétaire national de la CFDT était l'invité du "8h30 franceinfo" du lundi 1er mai 2023.

Article rédigé par franceinfo
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Temps de lecture : 26 min
Laurent Berger,  secrétaire national de la CFDT était l'invité du "8h30 franceinfo" du lundi 1er mai 2023.
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Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT était l'invité du "8h30 franceinfo", lundi 1er mai 2023. 1er-Mai, retraites, violences dans les manifestations, rencontre avec Élisabeth Borne, RSA... Il répond aux questions de Lorrain Sénéchal et Neïla Latrous.

Défilés du 1er-Mai : "Ce sera massif"

"On va faire un très très gros 1ᵉʳ-Mai. Ça sera massif", assure Laurent Berger alors que 300 points de rassemblements sont prévus de toute la France pour la fête du Travail, lundi 1er mai. Même si la réforme des retraites a été promulguée après plusieurs mois de mobilisation, le patron de la CFDT appelle les salariés à participer aux différents défilés. "Toute personne qui pour des raisons X ou Y n'aurait pas pu participer aux douze premières manifestations, peut le faire aujourd'hui", indique-t-il.

Le leader de la CFDT ne se fait aucune illusion : "Croire que le gouvernement reculerait aujourd'hui ou le président de la République reculerait après l'avoir promulguée, sauf à faire passer pour un naïf, je n’y crois pas", dit-il. Mais l'intersyndicale va continuer à se battre : "On va continuer de dire, d'affirmer et d'agir par tous les leviers qui sont les nôtres contre les 64 ans", affirme-t-il.

Violences dans les manifestions : "quelques dingues qui viennent pour casser"

Laurent Berger dénonce "les quelques dingues qui viennent pour casser" lors des manifestations. Mais selon lui, "l'immense majorité des travailleurs et travailleuses qui veulent se mobiliser, des syndicalistes ou des non-syndicalistes qui vont se mobiliser le font parce qu'ils sont en colère sur la question sociale, mais ils vont le faire pacifiquement".

Le secrétaire général de la CFDT n'est pas opposé à l'utilisation de drones par les forces de l'ordre pour surveiller les manifestations. Plusieurs préfets ont autorisé leur usage. Mais l'arrêté du préfet de Seine-Maritime a été partiellement suspendu dimanche soir par le tribunal administratif de Rouen. "Si ça aide à sécuriser et à voir les groupes radicaux, franchement, vous ne trouverez pas à m'insurger contre ça", dit-il. Laurent Berger "condamne toutes les formes de violence contre les biens et les personnes sans ambiguïté".

Coupures d'électricité : "La CFDT n'est pas favorable"

"La CFDT n'est pas favorable à des coupures d'électricité", affirme le leader syndical alors que la CGT-Energie menace de plonger dans le noir plusieurs événements sportifs et culturels, dont Roland-Garros et le Festival de Cannes. "Sur les événements sportifs et culturels, la CFDT n'est pas pour les empêcher de se dérouler normalement", dit-il. "Les citoyens, à un moment donné, ont aussi envie d'aller au stade. Ils ont aussi envie d'aller dans les événements culturels et que ça se déroule parce que ça fait partie aussi de la vie", explique-t-il.

Rencontre avec Élisabeth Borne : "Il va falloir que vous soyez à la hauteur"

Alors que la Première ministre a fait savoir qu'elle enverrait des invitations cette semaine aux organisations syndicales pour retrouver le fil du dialogue, Laurent Berger s'est dit favorable à une rencontre : "Quand on est un syndicaliste, même si ça ne me fait pas marrer d'aller voir notre patron tous les matins ou régulièrement pour aller défendre des collègues, eh bien, on y va quand même", explique-t-il, même si "la confiance est largement écornée", souligne-t-il. La CFDT ira, même si d'autres syndicats font le choix de la chaise vide : "ll n'y a pas de décision collective. On ne va pas tout décider ensemble", clarifie-t-il.

"Si vous voulez qu'on discute, il va falloir que vous soyez à la hauteur sur la méthode", prévient-il à l'adresse du gouvernement. "Si c'est juste pour nous inviter et nous dire ce que vous allez faire, ce n'est pas la peine. Il va falloir mettre sur la table un certain nombre de points sur la question de l'organisation du travail. C'est fondamental", assure-t-il.

Salaires : "Tout réfléchir au travers de baisses d'impôt est mortifère"

"La reconnaissance, c'est de gagner dignement sa vie par son travail", explique Laurent Berger alors que le gouvernement réfléchit à des baisses d'impôts pour les classes moyennes d'ici la fin du quinquennat. Une annonce surprise alors que la dette de la France a atteint près de 3 000 milliards d'euros. "La logique du gouvernement de tout réfléchir au travers de baisses d'impôts ou de baisses de cotisations est mortifère", car "vous empêchez d'avoir la moindre marge de manœuvre", explique-t-il. Selon lui, "le problème aujourd'hui, c'est la répartition des richesses dans le pays", dit-il.

Marine Le Pen "s'en fout complètement des travailleurs"

"Madame Le Pen a compris qu'une partie de son avenir se joue sur le ressentiment social cultivé. Elle s'en fout, des travailleurs, des travailleuses. C'est très clair, elle s'en fout complètement. Ce ne sera jamais l'amie des travailleurs", dénonce-t-il, alors que le Rassemblement national profite, selon lui, de la crise sociale. "Ce ne sera jamais l'amie des travailleurs, jamais l'amie de la démocratie, jamais l'amie d'une société beaucoup plus ouverte. C'est mortifère. Le Rassemblement national est mortifère", insiste-t-il.

Réforme du RSA : "Très malsain"

Le gouvernement souhaite conditionner le Revenu de solidarité active à une reprise d'activité et de formation. Laurent Berger prône plutôt un "accompagnement social". Il juge "très malsain" après la mobilisation contre la réforme des retraites "d'expliquer que maintenant, il faut remettre au boulot les gens qui ne voudraient pas bosser", dit-il. "Ce n'est pas le cas. Les gens qui sont bénéficiaires du RSA ont besoin d'un accompagnement", souligne-t-il.


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