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Terrorisme : Valérie Pécresse ne "croit pas à la chimère de l'état d'urgence"

La présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, invitée jeudi de franceinfo, réclame des outils pérennes pour lutter contre le terrorisme, et se démarque ainsi de Laurent Wauquiez qui souhaite le retour à l'état d'urgence.

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Valérie Pécresse - présidente (LR) de la région Île-de-France.
Valérie Pécresse - présidente (LR) de la région Île-de-France. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

La présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a réclamé "une réponse plus ferme" pour lutter contre le terrorisme et mener "une guerre qui va s'installer dans la durée""Je ne crois pas à la chimère de l'état d'urgence", a-t-elle déclaré jeudi 29 mars, se démarquant ainsi du président de son parti, Laurent Wauquiez

"Il faut des armes pérennes", a plaidé l'élue LR, qui souhaite également que "l'arsenal pénal" de la France soit "musclé""De la même façon, je ne suis pas favorable à ce qu'on mette en rétention administrative les fichés S radicalisés", a ajouté la présidente de la région Ile-de-France, se démarquant là encore de Laurent Wauquiez. "Le problème d'une rétention, c'est que ce n'est pas durable, on ne va pas créer un Guantanamo à la française", a-t-elle mis en garde.

Un débat à nouveau souhaité sur la déchéance de nationalité

Valérie Pécresse a souhaité qu'"un article du code pénal soit réinterprété". "Il permet, quand on est en intelligence avec l'ennemi en tant de guerre, de pouvoir être incriminé et traduit devant la justice avant même qu'on ait commis des attentats ou des meurtres", a-t-elle expliqué. L'élue LR s'est par ailleurs dite favorable à "la déchéance de nationalité" dans certains cas. C'est "une peine très symbolique" (...) la nationalité française, ça se mérite, et ça doit pouvoir se perdre lorsqu'on trahit son pays", a-t-elle estimé.

Valérie Pécresse a également plaidé pour une "généralisation de la formation des imams à court terme". "Tous les imams étrangers qui sont en France aujourd'hui doivent être formés aux valeurs et aux lois de la République et ils doivent ensuite les respecter dans leurs prêches", a-t-elle expliqué, à commencer par "l'égalité femme-homme".

Des mesures pour compenser "la galère" de la grève à la SNCF

Interrogée sur les effets de la grève à la SNCF prévue à partir du 3 avril, Valérie Pécresse a annoncé une série de mesures, dont la gratuité du covoiturage pour les franciliens, les jours de grève. La région "a recensé les 600 lieux de télétravail en Ile-de-France de façon à ce qu'on puisse savoir, près de chez soi, où l'on peut aller télétravailler si son train ne part pas", a-t-elle expliqué. La présidente de région "redoute" la grève qui s'annonce "parce aujourd'hui prendre la train pour des millions de Français, c'est la galère. Et c'est la galère même sans les greves. Je crains malheureusement que cette grève soit dure".

Par ailleurs, appelée à réagir sur un sondage IFOP paru le 24 mars dans le JDD, montrant que 58% des Parisiens sont mécontents de la maire de Paris, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse a estimé que "quand on est maire, président de région, il faut avoir la culture du travail en équipe. Il ne faut pas être ni brutal, ni sectaire". 

Regardez l'intégralité de l'entretien de Valérie Pécresse sur franceinfo le 29 mars 2018.

Valérie Pécresse - présidente (LR) de la région Île-de-France.
Valérie Pécresse - présidente (LR) de la région Île-de-France. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)