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Présidentielle : le président de l'Association des maires de France attend "des engagements forts" de la part des candidats

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François Baroin, président de l'Association des maires de France, invité mercredi de franceinfo, a regretté que les collectivités territoriales aient dû supporter l'effort de réduction du déficit public.

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Radio France
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François Baroin, président de l’AMF et responsable du "Rassemblement politique" dans la nouvelle équipe de campagne de Fillon. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

François Baroin, président de l'Association des maires de France (AMF) et soutien de François Fillon, était l'invité mercredi 22 mars de franceinfo. Les candidats à la présidentielle sont invités ce jour par l'AMF, à la Maison de la Radio à Paris, pour exprimer leurs orientations par rapport aux engagements définis par l'association, représentée par 800 maires, invités de l'opération. 

La défense du maire face à l'Etat

Le président de l’AMF a déclaré attendre "des engagements forts" de la part des intervenants. Il s'agit de pouvoir "tourner la page d'une méthode qui n'a pas bien fonctionné au cours du quinquennat précédent entre l'Etat et les collectivités locales", a déclaré François Baroin. "La France contrairement à une idée reçue est encore un pays où vous avez plus de la moitié de la population qui vie dans des communes de moins de 10 000 habitants", a-t-il rappelé mercredi sur franceinfo.

François Baroin attend que les candidats à la présidentielle "en terminent avec ces discours qui sont à la fois des leçons de morale d'une incompréhension et d'une méconnaissance complète de ce qu'est la France dans sa géographie, souvent inspirées de Bruxelles". Le président de l'AMF a reconnu que "les élus n'ont pas très bonne presse, mais s'il y en a un qui demeure à peu près respecté au niveau national, c'est le maire".

Selon François Baroin, "le maire est formé pour mettre en place des consensus, avec les autres partenaires des collectivités territoriales et un partenaire très fort, que nous respectons, qui s'appelle l'Etat", ajoutant que "l'Etat ne s'est pas bien comporté et ne respecte pas ses engagements".

François Baroin a regretté que l'on ait "sacrifié les collectivités locales au bénéfice d'une discussion avec Bruxelles pour reporter la question des 3% de déficit à 2017". Selon le président de l'Association des maires de France, le résultat fait qu'"on a demandé aux communes de faire l’effort de réduction de déficit".

Désaccord avec Fillon sur la suppression des fonctionnaires

François Baroin a réitéré son opposition à la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires et notamment dans les collectivités locales, la principale mesure du candidat à la présidentielle qu'il soutient. Sa critique ne met pas en cause son engagement auprès de François Fillon, a-t-il toutefois souligné.

"L'Etat ne peut pas imposer aux collectivités locales de réduire comme il l'entend les effectifs des collectivités locales. Je porte les intérêts des communes avec ferveur et François Fillon le sait. Cela ne changera rien à mon engagement auprès de lui."  François Baroin a précisé qu'il avait alerté le candidat. "Moi je dis à François Fillon 'attention casse-cou'. Si vous imposez trop fortement et trop brutalement une réduction des dotations, il y aura une augmentation des prélèvements obligatoires [...] et votre croissance sera atone. L'Etat ne pourra pas imposer au maire de Troyes de réduire ses effectifs."

Explications attendues sur la taxe d'habitation version Macron

Emmanuel Macron veut exonérer de la taxe d'habitation 80% des Français. François Baroin dit attendre d'Emmanuel Macron "des explications" sur ce qu'il voit comme "une remise en cause de la libre administration des collectivités territoriales". La proposition est "une méconnaissance de la réalité [...] parce que vous avez 42% des foyers fiscaux qui sont exonérés de la taxe d'habitation", a insisté François Baroin.

La jurisprudence Balladur : une "erreur" 

Interrogé sur la démission de Bruno Le Roux, après des révélations sur ses emplois familiaux à l'Assemblée nationale, François Baroin a mis en avant la présomption d'innocence. "La justice est saisie, elle va suivre son cours, la présomption d'innocence est un principe fondamental piétiné matin, midi et soir", a-t-il déclaré. La jurisprudence, "Balladur", depuis 1994, qui veut qu'un ministre mis en examen démissionne est-elle une règle juste ? "C'était une erreur", a estimé François Baroin. "Cela a mis le doigt dans l'engrenage d'un abaissement profond d'un élement protecteur dans une démocratie mature qui s'appelle la présomption d'innocence."

Le parquet financier a élargi l'enquête sur François Fillon après des perquisitions à l'Assemblée nationale. Le maire de Troyes, chargé du "rassemblement politique" dans l'équipe de François Fillon, s'est interrogé sur l'absence, "en urgence, d'ouverture d'enquête pour violation du secret de l’instruction. Selon François Baroin, "toutes ces histoires" autour de François Fillon "n'altèrent en aucune façon ni son expérience, ni sa solidité, ni le projet politique qu'il porte".

Regardez l'intégralité de l'entretien de François Baroin sur franceinfo le mercredi 22 mars.

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