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Gérard Filoche, membre du Bureau national du PS : "Je n’ai plus de respect pour François Hollande"

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Gérard Filoche, membre du Bureau national du Parti socialiste et candidat à la primaire de la gauche, était l'invité de franceinfo lundi. Il a envisagé une "mort de la gauche" en cas d'une candidature de François Hollande ou de Manuel Valls.

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Radio France
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Gérard Filoche, membre du Bureau national du PS, candidat à la primaire de la gauche. (Jean-Christophe Bourdillat / Radio France)

À trois mois de la primaire de la gauche, organisée les 22 et 29 janvier, Gérard Filoche, membre du Bureau national du Parti socialiste et candidat à cette primaire était l'invité de franceinfo lundi 31 octobre. Il s'est dit "trahi" par François Hollande et Manuel Valls. Interrogé sur ses faibles chances de s'imposer dans la primaire, Gérard Filoche a rétorqué qu'il n'y avait "aucune raison qu'(il) ne gagne pas."

Hollande et Valls, la "mort de la gauche"

"J’espère que François Hollande ne va pas se présenter, a lancé le candidat à la primaire de la gauche. Je ne vais pas revoter François Hollande." Pour Gérard Filoche, c'est tout l'enjeu de cette primaire : " Nous sommes en campagne pour que ni François Hollande ni Manuel Valls ne puissent passer la barre. Ce serait quelque chose comme une mort pour la gauche s'(ils) revenaient. Je n’ai pas du tout l’intention de (leur) laisser le Parti socialiste, ni à leurs successeurs. J’ai l’intention d’avoir un Parti socialiste de gauche. La logique, c’est que Hollande et Valls soient battus."

Quant aux souvenirs de manifestations bras dessus bras dessous avec l'actuel chef de l'Etat, c'est du "passé" pour Gérard Filoche. "Je respectais François Hollande, je me disais qu’il était plus malin que les autres, a-t-il expliqué. Je n’ai jamais eu deux langages. (Lui) en a au moins trois : celui de sa campagne électorale, celui de sa présidence qui trahit sa campagne électorale, et ses commentaires sur tout ça qui aggravent les choses. Je n’ai plus de respect."

La loi El-Khomri dans le viseur

Gérard Filoche a longuement insisté sur un élément déclencheur : la loi El-Khormi. "Je ne m’attendais pas à ce qu’on nous fasse ça. François Hollande a subordonné les droits de l’homme et de la femme au travail aux besoins des entreprises. C’est une vraie trahison culturelle, juridique, historique, a-t-il estimé. La loi El-Khomri est la pire des lois que la gauche ait pu inventer depuis un siècle. Les gens n’oublient pas. Ils ont tous ça gravé dans leurs têtes. On leur a fait violence, on leur a fait un coup d’État, on leur a fait le 49-3... Et c’est pour ça qu’ils ne voteront pas pour Hollande."

Marine Le Pen, "la fasciste"

Interrogé sur la ressemblance de ses idées avec celles de la présidente du Front national Marine Le Pen, Gérard Filoche a endossé le costume de défenseur de la classe ouvrière et d'un Smic "à 1 800 euros". "S’il y a des travailleurs qui votent pour elle, dit-il, c’est comme les dindes qui votent pour Noël, ils seront rôtis à l’arrivée, il n’auront aucune chance."

Concernant la stratégie à adopter dans l’hypothèse d’un duel Juppé-Le Pen au second tour de la présidentielle, Gérard Filoche n'a pas mâché ses mots : "En fonction du rapport de forces, je verrai... Je ne vote jamais pour la droite. La fasciste, je m’opposerai à elle. Je préfère le dire comme ça."

S’il y a deux candidats nous perdrons

Gérard Filoche

sur franceinfo, le 31 octobre 2016

Pour s'opposer à Marine Le Pen et au futur candidat de la droite, le membre du bureau national du PS défend l'idée d'une gauche unie : "La gauche cherche sa voie après la trahison de Hollande et Valls. Je suis pour une candidature unique de toute la gauche, pour une campagne commune. Parce que s’il y a deux candidats nous perdrons."

Gérard Filoche n'a pas caché ses ambitions personnelles : il dit avoir "de meilleures chances" qu’Arnaud Montebourg. "Je défends le mieux depuis toujours les salariés et leurs intérêts. Je suis candidat pour l’augmentation des salaires et des petites retraites. Il n’y a aucune raison que je ne gagne pas."

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