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Fermetures de classes rurales : Guillaume Peltier accuse le président d'avoir "menti aux Français" et demande un "moratoire"

Invité sur franceinfo mercredi 14 mars, le vice-président des Républicains et député de Loir-et-Cher a notamment accusé le président de la République d'avoir "menti aux Français" sur la fermeture des classes dans les écoles rurales.

Guillaume Peltier était l\'invité de franceinfo mercredi 14 mars.
Guillaume Peltier était l'invité de franceinfo mercredi 14 mars. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Guillaume Peltier, invité sur franceinfo mercredi 14 mars, a accusé le président de la République, Emmanuel Macron, d'avoir "menti aux Français" sur la fermeture des classes dans les écoles rurales et lui demande "d'annoncer un moratoire".

Le vice-président des Républicains évoque ainsi l'intervention du chef de l'État le 17 juillet 2017 : "Nous étions le 17 juillet 2017, au Sénat, réuni devant lui pour l'entendre tracer les perspectives pour l'avenir des provinces et des territoires, se souvient le député de Loir-et-Cher. Il a eu cette phrase très claire : les territoires ruraux ne doivent plus être la barrière d'ajustement. Il n'y aura plus aucune fermeture de classe dans les écoles rurales." 

"Le ministre lui-même parle de 300 fermetures"

"Sept mois plus tard, poursuit le vice-président du groupe LR à l'Assemblée nationale, nous avons appris, avec un certain nombre de nos collègues parlementaires, la fermeture de dizaine, de dizaine de classes dans les écoles rurales." "Le ministre lui-même parle de 300 fermetures : selon, les informations que nous avons recueillies auprès du ministère de l'Education nationale, avec Laurent Wauquiez nous annonçons plus de 800 fermetures de classes dans les écoles rurales en France", conclut Guillaume Peltier. 

Guillaume Peltier demande ainsi "solennellement" au président de la République, à l'occasion de sa visite jeudi en Touraine dans une école rurale, d'annoncer un "moratoire" en France sur la fermeture des classes dans les écoles rurales. Il dit demander une "parole forte sur le sujet" parce "qu'il a menti il y a quelques mois aux Français."

Thierry Mariani, ex-ministre LR de Nicolas Sarkozy, a plaidé pour un "rapprochement" avec le Front national, dans une interview au Journal du dimanche, publiée alors que le parti de Marine Le Pen tenait son congrès à Lille. "Il n'y a pas d'accord avec le Front national. C'est la ligne unanime de toute l'équipe dirigeante" des Républicains, assure Guillaume Peltier."Si Thierry Mariani franchissait le Rubicon, il y aurait une sanction mais on ne sanctionne pas en France quand on exprime une opinion." Guillaume Peltier insiste sur le fait que Les Républicains et le Front national ont "des différences majeures". "La question européenne, le Front national veut quitter l'euro et l'Europe, ça n'est pas du tout notre vision des choses, le Front national promeut la préférence nationale", defend-il.

Le député estime aussi que "dans l'engagement politique la critique est facile et l'art est difficile. Le Front national, c'est le parti qui critique, qui bavarde, qui commente, qui accuse. Nous avons décidé avec Laurent Wauquiez d'essayer de redresser, avec humilité mais avec beaucoup de détermination la droite française en ayant l'audace de faire des contre-propositions très fortes", explique Guillaume Peltier. Guillaume Peltier qui a taclé la "dynastie" des Le Pen : avec "Marion Maréchal-Le Pen ça ferait 50 ans que la famille Le Pen, la dynastie Le Pen, se présente à l'élection présidentielle. Pour un parti qui prétend redresser notre pays, 50 ans d'engagement d'une même famille, c'est un peu cocasse."

"La vitesse n'est pas le seul problème"

Le gouvernement veut baisser la vitesse sur les routes secondaires à 80 km/h, estime sur franceinfo Les Républicains demandent, "une proposition de loi a été déposée, que le gouvernement accepte que les présidents de départements et les maires soient souverains pour décider en fonction des tronçons et de la dangerosité des routes, du taux maximum. 90 km/h pour certaines routes, 80 pour d'autres, 70 peut-être éventuellement", explique Guillaume Peltier. "On ne peut pas de manière technocratique imposer, depuis l'Elysée et Matignon, une règle qui s'applique à tous", insiste-t-il.

Edouard Philippe a insisté sur le fait que cela permettrait de réduire le nombre de morts sur les routes. "Edouard Philippe a raison sur le constat, il a tort sur la solution qu'il préconise. La vitesse n'est pas le seul problème." Guillaume Peltier soutient qu'Edouard Philippe "est en contradiction avec ce que le 12 avril 2017 Emmanuel Macron, lui-même disait lors d'une réponse à un questionnaire d'association pro-sécurité routière, qu'on ne pouvait pas appliquer de manière unilatérale sur tout le territoire la règle des 80 km/h."

Privatiser ADP est une "folie"

Le gouvernement va enclencher la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) en modifiant dans sa loi Pacte les seuils minimum de détention de l'entreprise. "C'est une folie", a réagi le député de Loir-et-Cher. "Privatiser ADP reviendrait à privatiser les frontières de la France, puisqu'ADP gère les aéroports. Je l'ai dit, je le répète et le maintien, la privatisation d'ADP entraînerait une privatisation à terme des questions de contrôle des frontières. Je suis opposé à la privatisation des aéroports."

Regardez l'intégralité de l'entretien de Guillaume Peltier sur franceinfo le 14 mars 2018 :

Guillaume Peltier était l\'invité de franceinfo mercredi 14 mars.
Guillaume Peltier était l'invité de franceinfo mercredi 14 mars. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)