18h50 franceinfo, France info

Violences policières : Chistophe Castaner est "à la solde des factions les plus extrémistes dans la police", affirme Danièle Obono, députée LFI

Le ministre de l'Intérieur a de nouveau exprimé son soutien aux policiers, vendredi 26 juin, victimes selon lui de "vidéos coupées et déformées". Des propos "extrêmement graves" et un "déni irresponsable" estime Danièle Obono.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Danièle Obono, députée LFI de Paris, invitée du 18h50 franceinfo, le vendredi 26 juin 2020.
Danièle Obono, députée LFI de Paris, invitée du 18h50 franceinfo, le vendredi 26 juin 2020. (RADIO FRANCE)

"Monsieur Castaner, de toute évidence, n'est pas ministre de l'Intérieur", a lancé vendredi 26 juin sur franceinfo Danièle Obono, la députée La France Insoumise de Paris, après les déclarations du ministre de l'Intérieur à l'Ecole nationale de la police de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Christophe Castaner s'en est pris notamment à Jean-Luc Mélenchon  et a qualifié la fresque contre les violences policières dévoilée à Stains à l’effigie de Geores Floyd et d’Adama Traoré de "fresque de la honte". "Hier des députés s’autorisaient à traiter les policiers de ‘barbares'. Et voilà qu'à présent des élus, ceints de l’écharpe tricolore, inaugurent à Stains, une fresque de la honte. Une fresque choquante, qui mélange tout, confond tout", a dit Christophe Castaner.

"Heureusement qu'il y a les vidéos"

"Il est complètement à la solde aujourd'hui des factions les plus extrémistes dans la police. Et c'est malheureux." Pour Danièle Obono, être ministre, "c'est à un moment donné dire stop quand il y a des comportements problématiques". La députée LFI de Paris en profite pour rappeler que les déclarations de Jean-Luc Mélenchon - qui"a qualifié de barbarie" les violences policières - citées par Christophe Castaner, venaient en réponse à un manifestant. "Heureusement qu'il y a les vidéos" pour rappeler le contexte, "sinon, ce serait encore passé sous silence", souligne Danièle Obono.

"Monsieur Castaner, depuis plus d'un an et encore plus récemment, a fait preuve d'un déni irresponsable", accuse-t-elle. "Nous avons des policiers en armes qui font des démonstrations de force devant les institutions de la République".

Pensez-vous que ce soit un signe positif pour un Etat de droit d'avoir les factions les plus extrémistes qui menacent des magistrats, qui menacent des parlementaires et un ministre qui cautionnent tout cela?

Danièle Obono, députée LFI de Paris

à franceinfo

Un ministre de l'intérieur "très vague"

Les annonces de Christophe Castaner pour répondre aux polémiques sur les violences policières "ne correspondaient à rien de véritablement conséquent puisqu'il est resté très vague", juge Danièle Obono. Elle rappelle que La France insoumise a fait "des propositions très concrètes pour permettre à la police républicaine de faire son travail, d'avoir les moyens, y compris en termes de recrutement, en termes de formation, de faire son travail et d'être respectée".

Nous n'avons pas aujourd'hui ni un ministre de l'Intérieur, ni un gouvernement à la hauteur de la situation

Danièle Obono

à franceinfo

La députée insoumise ajoute qu'il y a "quelques semaines", des journalistes ont fait "des révélations sur des pratiques, des propos extrêmement graves, racistes, discriminatoires dans la police". Elle rappelle que "des milliers de policiers" se sont retrouvés "sur les réseaux sociaux pour avoir ce type de propos". "Qu'a fait monsieur Castaner ?", interroge Danièle Obono. "Une déclaration pour rappeler à quel point il fait confiance à la police. C'est extrêmement grave."

Danièle Obono, députée LFI de Paris, invitée du 18h50 franceinfo, le vendredi 26 juin 2020.
Danièle Obono, députée LFI de Paris, invitée du 18h50 franceinfo, le vendredi 26 juin 2020. (RADIO FRANCE)