Violences faites aux femmes : "On attendait des annonces", regrette Laurence Rossignol après le déplacement d'Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron était en déplacement à Dijon, vendredi, pour une visite sur le thème de la lutte contre les violences conjugales, à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

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Radio France
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Laurence Rossignol, sénatrice PS de l’Oise et vice-présidente du Sénat, était l'invité de franceinfo le 25 novembre 2022. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Cette déclaration est très surprenante et très décevante", a déclaré vendredi 25 novembre sur franceinfo, Laurence Rossignol, sénatrice PS de l’Oise et vice-présidente du Sénat, après le déplacement d'Emmanuel Macron à Dijon, à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Emmanuel Macron a appelé en Côte-d'Or à ne "pas relâcher l'effort" dans la lutte contre les violences faites aux femmes, estimant qu'il fallait améliorer formation et prévention malgré d'importants "progrès collectifs".

"Il ne répond à aucun des enjeux"

Cette déclaration n'est pas du goût de Laurence Rossignol. "Le président de la République part à Dijon. On attendait des annonces parce qu'il y a des besoins. Donc on attendait que cette journée, le président de la République réponde aux besoins et on a une phrase très décevante", martele-t-elle. "On se demande si le président la République cherchait un prétexte pour aller voir son ami maire de Dijon [François Rebsamen] et qu'en fin de compte, le 25 novembre est tombé à ce moment, ironise la sénatrice de l'Oise. Et en fait, il ne répond à aucun des enjeux et des demandes qui sont faites."

Laurence Rossignol reconnaît qu'il y a eu effectivement des progrès dans la formation des policiers et gendarmes, car "on identifie dans les services de police et de gendarmerie maintenant des fonctionnaires très engagés, compétents, formés, qui forment leurs collègues".

"Pour le moment, la justice n'est pas à la hauteur"

Cependant "côté justice", c'est une grande déception. "C'est là où le président de la République m'a déçue, c'est qu'on attendait une annonce sur la justice, en particulier sur une demande qui est faite, qui est portée par l'ensemble des associations et des professionnels, qui est celle d'une juridiction spécialisée consacrée aux violences faites aux femmes", explique Laurence Rossignol qui regrette que le président de la République ne veuille pas d'une telle réforme, alors qu'il y a urgence selon elle.

Il faut mettre en place cette "juridiction spécialisée. L'exemple espagnol est positif, il faut y aller. Pour le moment, la justice n'est pas à la hauteur de ce que j'ai pu constater comme engagement chez beaucoup de forces de police et de gendarmerie", conclut Laurence Rossignol.

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