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S'il n'écoute pas les Français, Emmanuel Macron va "retrouver les Gaulois qui bloquent tout"

Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, invité de franceinfo jeudi, estime que le président de la République devrait prêter plus attention à ce que disent les Français.

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Jean-Christophe Lagarde, sur franceinfo le 6 septembre 2018.
Jean-Christophe Lagarde, sur franceinfo le 6 septembre 2018. (FRANCEINFO)

"On ne peut pas changer la société française simplement depuis le Palais de l’Élysée. Bien sûr que les impulsions doivent venir de là-bas, mais si vous méprisez les élus, si vous négligez les corps intermédiaires, les syndicats réformistes, le Medef, vous n’emmenez pas la société française", a déclaré Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, député de Seine-Saint-Denis sur franceinfo jeudi 6 septembre, pour évoquer Emmanuel Macron. S'il n'y a pas plus d'écoute de la part du chef de l'État, "vous allez retrouver les Gaulois qui bloquent tout".

Jean-Christophe Lagarde a par ailleurs annoncé sa préférence pour la présidence de l'Assemblée nationale, ce sera pour lui : "Richard Ferrand, parce qu’il serait le seul en situation de maîtriser la majorité et de faire fonctionner l’institution".

franceinfo : lorsque Gérard Collomb pointe le "manque d'humilité" de l'exécutif, est-ce le cas, selon vous ? Est-ce une spécificité d'Emmanuel Macron ?

Jean-Christophe Lagarde : Evidemment que le pouvoir a manqué d’humilité et ce n’est pas le premier. Nous tous Français, nous en sommes un peu responsables. La question que pose Gérard Collomb, c’est est-ce qu’il [Emmanuel Macron] est capable d’entendre ce message et est ce qu’il corrige ? On verra à ce moment-là, s’il est trop orgueilleux pour se corriger ou s’il est capable de plus écouter les Français.

On ne peut pas changer la société française simplement depuis la rue du Faubourg Saint-Honoré, depuis le Palais de l’Élysée. Bien sûr que les impulsions doivent venir de là-bas, mais si vous méprisez les élus, si vous négligez les corps intermédiaires, les syndicats réformistes, le Medef, vous n’emmenez pas la société française. Si vous ne dialoguez pas avec les représentants de la société française, les collectivités locales, si vous n’écoutez pas, vous allez retrouver les Gaulois qui bloquent tout.

Les Français, dans l’Histoire, se sont surtout braqués quand on ne les a pas considérés et écoutés. Si Emmanuel Macron se plante, nous risquons une aventure populiste soit à l'américaine, avec un type incapable d’être à la tête de son État, ou à l'italienne et ce sont les Français qui paieront les pots cassés et surtout les plus pauvres.

Vous allez être tête de liste de l'UDI aux prochaines élections européennes, vous y croyez ?

Je ne veux pas laisser transformer l’élection européenne en élection franco-française, lorsque Jean-Luc Mélenchon dit "on va faire un référendum anti-Macron" ou des partisans de Macron disent "on va faire une liste Macron". Tous ceux qui voteront en fonction d’un référendum pour ou contre Macron seront déjà les cocus de l’élection.

On va envoyer des députés européens pour défendre la position de la France et faire en sorte que l’Europe change, parce que si l’Europe continue comme cette rentrée à s’occuper de changer l’heure d’été, pendant que Donald Trump nous botte les fesses tous les matins, on se trouve dans la situation où l’Europe ne s’occupe pas de l’essentiel, c’est à dire nous protéger de la mondialisation.

Souhaitez-vous que ce soit une femme qui devienne pour la première fois de l'Histoire le nouveau président à l’Assemblée nationale ?

Je veux quelqu’un qui soit en situation d’assumer la responsabilité du président de l’Assemblée nationale. Sa responsabilité, c’est à la fois de protéger l’institution contre l’exécutif quand l’exécutif exagère et c’est d’être le patron de la majorité, c’est-à-dire de protéger aussi de l’opposition. Je souhaite que ce soit Richard Ferrand parce qu’il serait le seul en situation de maîtriser la majorité et de faire fonctionner l’institution.

Jean-Christophe Lagarde, sur franceinfo le 6 septembre 2018.
Jean-Christophe Lagarde, sur franceinfo le 6 septembre 2018. (FRANCEINFO)