Rupture du contrat des sous-marins par l'Australie : "On pèse peu malheureusement face aux Etats-Unis", admet Hervé Morin

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L'ancien ministre de la Défense estime que cette rupture de contrat de la part de l'Australie constitue une "humiliation" pour la France.

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Le président du parti Les centristes et de la région Normandie, ex-ministre de la Défense, Hervé Morin, le 1er septembre 2019. (LOU BENOIST / AFP)

"On pèse peu malheureusement face aux Etats-Unis", admet Hervé Morin, le président du Conseil régional de Normandie et du mouvement Les Centristes, jeudi 16 septembre sur franceinfo, alors que l'Australie a rompu son contrat avec la France, qui devait lui livrer douze sous-marins à propulsion conventionnelle. L'Australie a préféré une alliance avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des bâtiments à propulsion nucléaire.

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"Ce sont simplement les Etats-Unis qui reviennent dans une zone d'où ils étaient partis il y a quelques années."

Hervé Morin

à franceinfo

"Les Etats-Unis représentent 50% de la dépense militaire mondiale. C'est un allié historique et stratégique pour l'Australie. On avait probablement bénéficié d'un trou d'air dans la politique étrangère américaine qu'était le repli clairement affiché et affirmé de Barack Obama lors de sa présidence", analyse l'élu.

Selon le président de la région Normandie, "on est dans un schéma classique d'un pays qui vient de subir une lourde défaite en Afghanistan et qui doit réapparaître sur la scène internationale comme étant la grande puissance militaire mondiale et donc ils l'affirment".

"Il faut absolument que l'État compense" les pertes de Naval Group

Hervé Morin juge que c'est une "humiliation" pour la France et a dit à la ministre des Armées Florence Parly jeudi 16 septembre au téléphone "qu'il faut absolument que l'État compense [les pertes de Naval Group qui travaillait sur ces sous-marins] par le financement des bureaux d'études".

"Quand on est au gouvernement, on a une obligation de maintenir les compétences et les qualifications permettant de pouvoir développer des programmes futurs. Il va falloir que l'État dote la loi de programmation militaire de crédits permettant à Naval Group de préserver ses compétences, ses savoirs, en finançant des études et en accélérant notamment des études sur les sous-marins nucléaires de nouvelle génération", comme ceux que les Etats-Unis vont vendre à l'Australie, à la place des sous-marins français.

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