Protocoles sanitaires : "On aurait pu faire beaucoup plus simple si on avait voulu territorialiser", assure André Laignel, de l'AMF

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Alors qu'une nouvelle étape du déconfinement s'ouvre ce mercredi, André Laignel,  premier vice-président délégué de l'Association des maires de France souligne le rôle des collectivités locales dans la gestion de cette crise sanitaire. 

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André Laignel, maire d'Issoudun (Indre) et vice-président de l'Association des maires de France (AMF). (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"On aurait pu faire beaucoup plus simple si on avait voulu territorialiser", a affirmé ce mercredi 9 juin sur franceinfo André Laignel, maire PS d'Issoudun (Indre) et premier vice-président délégué de l'Association des maires de France (AMF), alors que l'avant-dernière phase du déconfinement a débuté ce mercredi et avant la levée totale du couvre-feu prévue le 30 juin.

Selon André Laignel, il aurait fallu tenir compte "de la réalité de chacune de nos communes, de chacun de nos territoires". Il rappelle que "depuis le début", les maires ont "souvent fourni les hôpitaux" en masques au début de la pandémie "parce que l'Etat était incapable de leur fournir des masques". Il souligne que ce sont les maires qui "ont été les premiers à mettre en place" les tests. Et concernant la vaccination, ce sont encore "les communes qui portent les lieux" de vaccination.
Le premier vice-président délégué de l'AMF vante la "réactivité et une capacité d'action" des collectivités, "et malheureusement, on a eu un État qui écrivait des protocoles, parfois d'une grande complexité".

André Laignel en profite pour signaler que "la véritable indemnisation des frais engagés pour la vaccination par les communes", n'est toujours pas réglée.

Le bilan financier de la crise est estimé à "six milliards d'euros pour les collectivités locales et en particulier les communes".

André Laignel, premier vice-président délégué de l'Association des maires de France (AMF).

franceinfo

Or, André Laignel affirme qu'il y aura "peut-être un milliard de compensations, c'est-à-dire même pas 15%". Cette situation a contraint les communes "à ne pas pouvoir investir, alors qu'il y a besoin d'investissements pour relancer l'économie nationale". L'élu plaide pour "une autre approche et un lien de confiance enfin rétabli entre l'Etat et les collectivités locales". Il estime que "dans toutes les crises qui se sont succédées depuis quatre ans" les maires et leurs équipes municipales et leurs personnels municipaux "étaient capables de répondre aux attentes de nos concitoyens". Mais il affirme qu'ils ont été "souvent considérés comme des sous-traitants de l'Etat".

Au quotidien, le respect des règles sanitaires "se passe très bien" localement, ajoute André Laignel, "chaque fois que l'on nous laisse la possibilité de le faire". Il cite notamment l'exemple d'un "secteur sinistré, la culture". Il assure que les communes avaient "sur le terrain, la capacité de répondre à toutes les exigences sanitaires et à préserver les lieux de culture. Mais l'Etat n'a jamais voulu entendre le bon sens". Pour le vice-président de l'AMF, l'Etat a eu "l'esprit de système. Nous aurions eu nous, l'esprit de finesse".

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