Manifestation intersyndicale : "On a une boussole, que le travail paye et que le pouvoir d'achat soit protégé", affirme la ministre de la Fonction publique

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Amélie de Montchalin est revenu sur la mobilisation intersyndicale de ce mardi. "Le pouvoir d'achat est une priorité du gouvernement", a tenu à souligner la ministre. 

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Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique, était l'invitée de franceinfo le 5 octobre 2021. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"On a une boussole, que le travail paye et que le pouvoir d'achat soit protégé", a affirmé Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique sur franceinfo mardi 5 octobre. Aujourd'hui, 85 400 personnes se sont mobilisées sur l'ensemble du territoire national, selon le ministère de l'Intérieur, plus de 160 000 selon la CGT. Les syndicats ont défendu les salaires, les emplois, et protestent contre les réformes des retraites et de l'assurance chômage. La ministre souligne, que "le pouvoir d'achat, est une priorité du gouvernement depuis 2017".

franceinfo : La CGT demande une hausse de 20% du SMIC, vous entendez cette demande ?

Amélie de Montchalin : Oui, j'entends les demandes, mais toute richesse pour exister doit être produite. C'est pour cela que nous faisons un "Plan de relance", c'est pourquoi nous investissons dans l'emploi. Et ensuite, c'est de là que vient le "vrai pouvoir d'achat". Le pouvoir d'achat, il vient de la croissance, de l'économie et de l'industrie. Le gouvernement a fait le choix de la prime d'activité. Aujourd'hui, un célibataire au SMIC, gagne 170 euros par mois de plus qu'il n'en gagnait en 2017. Il faut regarder la réalité et être sincère. Nous n'avons pas tout réglé. Mais nous ne pouvons pas faire comme si le pouvoir d'achat n'avait pas augmenté.

Pourtant, ils étaient des milliers de manifestants aujourd'hui en France, qu'est-ce que vous répondez ce soir ?

Je leur dis que le pouvoir d'achat, c'est une priorité du gouvernement depuis 2017. Nous avons fait des choix et ils ont des conséquences. Par exemple, le pouvoir d'achat a deux fois plus augmenté en quatre ans que sous le quinquennat de François Hollande. Concernant la fonction publique, nous avons fait le choix de concentrer nos efforts sur les 1,2 millions de fonctionnaires les moins bien payés, en ayant des hausses de salaires inédites pour 2022, allant de 40 à 100 euros par mois supplémentaires. Nous répondons donc aussi à l'urgence dans le milieu de la santé. Car, pour beaucoup de fonctionnaires, il faut payer intégralement sa mutuelle. À partir du 1er janvier 2022, l'État va prendre en charge 15 euros par mois et par agent.

Jean Castex a promis d'agir sur le levier fiscal concernant l'augmentation des prix de l'énergie. Ça veut dire que vous allez renoncer à des recettes ?

Les prix du gaz, ce n'est pas la responsabilité du gouvernement. Ce n'est pas la responsabilité de Jean Castex. Nous, on a une boussole : que le travail paye et que le pouvoir d'achat soit protégé, en particulier pour les Français les plus modestes. C'est pour cela que nous avons augmenté le chèque énergie, et mis en place un bouclier tarifaire. Donc oui, si l'augmentation se fait ressentir, alors il y a des taxes que l'on peut bouger et moduler.

Qu'en est-il de l'avenir de l'École nationale d'administration (ENA) ?

C'est une réforme que tous les précédents gouvernements ont voulu faire depuis 30 ans et qui consiste à réformer notre haute fonction publique. Pour transformer la France, il faut transformer l'État. Et pour transformer l'État, il faut réformer la haute fonction publique. Demain, les sénateurs me font venir pour débattre, mais ils n'ont aucune proposition concrète. En 1945, le général de Gaulle crée l'ENA en disant "qu' il faut réparer la France, avec des hommes et des femmes adaptés à notre époque". En 2021, la France a changé. Et donc, on doit avoir une école, non pas qui classe les gens, mais qui forme, et qui forme aux enjeux du 21e siècle, et avec des carrières qui commencent sur le terrain.

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