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Valérie Guillard (économiste) : "On a des bénéfices à adopter un mode de vie sobre".

a revoir

Présenté parStéphane Depinoy

Diffusé le 06/05/2022Durée : 00h7

Invitée de Stéphane Dépinoy, Valérie Guillard économiste et professeure à Paris Dauphine a tenu à distinguer décroissance et consommation sobre : "Les concepts sont différents (…) je parle vraiment du prisme de la consommation, les deux sont un peu liés dans le sens où il s’agit de moins consommer et de mieux consommer". D’après elle, la sobriété n’est pas négative ni punitive et a été redécouverte pendant le confinement : "On a vu pendant le confinement, que finalement, on a des bénéfices à adopter un mode de vie sobre". Elle cite notamment le télétravail qui a permis de faire baisser les temps de transport et donc de gagner du temps. Si la professeure affirme que la consommation sobre peut être une contrainte au départ, Valérie Guillard remarque que cela peut devenir un plaisir en prenant l’exemple du vélo : "L’exemple du vélo au début, c’est une contrainte, (…) mais finalement faire du vélo, c’est remettre son corps en mouvement, c’est très bon pour la santé, avoir un moment pour soit, on en tous besoin". Cela peut aussi être le cas de la croissance de la seconde main et de l’achat d’occasion.

L’économiste souligne par ailleurs que la sobriété ne peut être subie et reste un choix volontaire. Mais elle note qu’il faut adapter en fonction des territoires et du lieu où on habite, tout le monde n’étant pas en capacité d’y arriver. Pour ce faire, Valérie Guillard appelle à une aide et à une volonté politique forte : "On peut avoir une très bonne volonté, mais il faut se faire aider (…) S’il n’y a pas de volonté politique comment un consommateur, même si d’une façon très minoritaire, il va pouvoir changer de mode de vie, mais c’est très minoritaire et c’est trop minoritaire par rapport aux enjeux écologiques"

Valérie Guillard relève enfin une croissance du marché du faire, qui s’est particulièrement développé pendant le confinement (cuisine, peinture, bricolage…) et qui constitue une des caractéristiques de la sobriété : "Il y a une vraie appétence du marché du faire (…) ça permet de se réapproprier des compétences et du sens dans sa consommation". Elle conclut en résumant le concept de sobriété comme une consommation de moyen plutôt que de fin : "J’ai quand même besoin de consommer, mais c’est un moyen pour une fin, la fin, ça peut être aller au travail, partager une promenade avec les enfants".   

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