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Antoine Bozio (Institut des politiques publiques) : "Les actifs sont les gagnants des mesures du quinquennat"

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Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 17/11/2021Durée : 00h7

En France, le niveau de vie des ménages a progressé en moyenne de 1,6 %. C'est le bilan de 5 ans de réformes fiscales et sociales, calculé par l'Institut des politiques publiques, un organisme indépendant. "On a découpé la population en 100 catégories de niveau de vie pour voir comment elles ont été impactées par les mesures," explique Antoine Bozio, directeur de l’Institut des politiques publiques (IPP) et invité de Jean-Paul Chapel.

Le niveau de vie d’un revenu médian de 1 842 euros a augmenté de 24 euros par mois en moyenne sur 5 ans. "On va avoir des ménages qui ont gagné beaucoup plus et des ménages qui ont perdu net. La perception de l’effet total de ces mesures est probablement très difficile par la population," précise l’économiste, "c’est la résultante de plusieurs effets de sens contraire." Les calculs prennent uniquement en compte l’effet des réformes menées pendant le quinquennat. Le niveau de vie se distingue du pouvoir d’achat, qui prend aussi en compte des facteurs externes comme le prix de l'énergie.

D’après les résultats de l’évaluation, les mesures ont provoqué des gains pour environ deux Français sur trois. En particulier pour les actifs : "on voit des gains moyens de 3,5 % à tout niveau de revenu," déclare Antoine Bozio. Il souligne que pour les moins aisés, ce chiffre s’attribue notamment à la prime d’activité. "On a un double effet : à la fois sa revalorisation, son extension. Et le fait qu’il y a eu un recours plus important après la crise des gilets jaunes à la prime d’activité, parce que les ménages se sont rendu compte qu’ils avaient droit à ce dispositif." Le directeur de l’IPP poursuit : "pour l’ensemble des ménages, il y a le fait que l’on a baissé les cotisations, basculé la Contribution sociale généralisée, ce qui fait que les actifs, en net, sont gagnants avec ce type de réforme."

Pour les 5 % les plus pauvres (ceux qui gagnent moins de 800 euros par mois), le niveau de vie n’a pas augmenté. Par exemple, pour ceux qui gagnent 600 euros par mois, c'est même une perte de 3 euros en moyenne. Ils ont été pénalisés par les hausses des taxes sur le tabac et les carburants, identiques quel que soit le revenu. "C’est une partie de la distribution qui est compliquée," remarque l’économiste, "on peut se retrouver avec des gens qui sont de façon transitoire dans une situation de pauvreté. Il y a aussi des vrais pauvres, qui sont non-éligibles, comme les jeunes qui n’ont pas droit au RSA."

Les 1 % les plus riches affichent le gain de niveau de vie le plus important, avec une augmentation de 2,8 % en moyenne. "Ils ont bénéficié de deux mesures qui sont très spécifiquement en faveur des détenteurs du patrimoine, c’est-à-dire que le passage à un Prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital, et la mesure qui a remplacé l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI)," explique Antoine Bozio. Pour autant, il estime que "les gains ont été beaucoup plus répartis sur l’ensemble de la population, notamment les actifs," par rapport au début du quinquennat.

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